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Rétrofit électrique : l’essor des kits pour transformer son ancienne voiture

Par Maxime
6 minutes

Transformer son ancienne voiture : la révolution du rétrofit électrique

Et si votre ancienne Citroën, Peugeot ou Renault reprenait la route sans bruit et sans émissions ? Dans un contexte d’accélération des zones à faibles émissions (ZFE) et d’interdiction progressive des véhicules thermiques en centre-ville, une nouvelle solution séduit amateurs de voitures vintage et automobilistes pragmatiques : le rétrofit électrique. En installant un kit de conversion sur une base thermique, particuliers et professionnels donnent une seconde vie propre à leurs véhicules anciens. Panorama d’un phénomène en plein essor, entre technique, législation et expériences concrètes.


Rétrofit : de quoi parle-t-on exactement ?

Le rétrofit consiste à remplacer le moteur thermique, le système d’échappement et le réservoir à carburant d’un véhicule existant par une motorisation électrique complète : moteur, batterie de traction, contrôleur… Le châssis, la carrosserie, la plupart des équipements d’origine sont conservés. Le résultat ? Une voiture, un utilitaire ou un deux-roues ancien, transformé et homologué pour rouler en « zéro émission ».


Ce n’est pas la simple conversion artisanale d’antan : depuis avril 2020, le rétrofit électrique est officiellement encadré et homologuable en France, ce qui change la donne pour les automobilistes soucieux de légalité… et d’assurance !


Pourquoi choisir de rétrofiter ? Les principaux intérêts

  • Préserver son véhicule fétiche : Collections, youngtimers, utilitaires introuvables… Le retrofit prolonge leur usage dans les ZFE et pour la vie quotidienne.
  • Rouler responsable et faire des économies : Le coût au kilomètre d'un rétrofit électrique est souvent inférieur à celui d'un moteur thermique (plus d’essence, moins d’entretien : plus de vidanges, de courroies…).
  • Bénéficier d’aides financières : L’État et certaines collectivités proposent des primes pouvant couvrir jusqu’à 5 000 € de la conversion.
  • Limiter l’empreinte carbone : On évite de jeter un véhicule (et sa construction coûteuse en ressources), tout en supprimant les émissions à l’échappement.
  • Conduite silencieuse et agréable : Moins de vibrations, couple instantané, une expérience de conduite modernisée tout en gardant son style rétro !

Les différents kits de rétrofit et leur fonctionnement

Le marché du rétrofit électrique s’organise rapidement en France, avec des acteurs spécialisés comme Transition-One, Retrofuture, REV Mobilities, Ian Motion… La plupart des kits sont développés pour des modèles populaires (Clio, Twingo, 2CV, 205, utilitaires Kangoo, Jumper…), d’autres pour des voitures de collection (Cox, Mustang, Mini Cooper…).


Un kit type inclut toujours :

  • Moteur électrique : Intégré à la place du bloc thermique habituel.
  • Batterie lithium-ion : Placée sous le capot, dans le coffre ou à la place du réservoir, pour garantir l’équilibre des masses et la sécurité.
  • Gestion électronique : Convertisseur, boîtier de contrôle, sécurités électriques…
  • Système de recharge : Compatible avec les bornes domestiques ou publiques.

Souvent, l’embrayage et la boîte de vitesses sont conservés pour simplifier l’installation (et réduire les coûts), mais certains kits proposent aussi une intégration avec boîte automatique unique.


Quelle autonomie pour une voiture rétrofitée ?

La question centrale reste l’autonomie et la recharge. La majorité des kits offrent une autonomie comprise entre 80 et 180 km selon la taille de batterie installée et le poids du véhicule. Une performance modérée, mais généralement suffisante pour les trajets quotidiens, la balade ou l’utilisation professionnelle urbaine.

Le temps de recharge dépend de la puissance installée : sur prise domestique (2,4 kW), on compte 5 à 8 heures pour une recharge complète ; sur borne accélérée (7 kW), 2 à 3 heures suffisent.


Législation : ce qu’il faut savoir en France

Depuis 2020, le rétrofit électrique est strictement réglementé :

  • Le véhicule doit être immatriculé depuis plus de 5 ans.
  • La transformation doit être réalisée par un professionnel agréé (liste en évolution régulière).
  • Le kit utilisé doit avoir reçu l’homologation du constructeur ou des autorités compétentes (DREAL, UTAC…)
  • L’homologation individuelle nécessite passage au centre de contrôle et délivrance d’un nouveau certificat d’immatriculation avec la mention énergie électrique.
  • L’assurance doit être informée (mais la plupart des grands assureurs acceptent déjà ces véhicules « rétrofit »).

Le rétrofit maison ou les bricolages non certifiés restent interdits sur route ouverte et passibles d’amende, de retrait d’immatriculation et d’exclusion d’assurance.


Combien ça coûte ? Tarifs, économies et aides

Le budget d’une conversion rétrofit électrique varie :

  • Prix d’un kit complet et de la pose : Comptez 9 000 à 20 000 € selon le modèle, la capacité batterie et la complexité du véhicule. Un utilitaire sera plus cher qu’une citadine légère.
  • Aides de l’État : Jusqu’à 5 000 € de subvention sur le coût du rétrofit pour un véhicule particulier ou utilitaire, cumulable (dans certains cas) avec les primes ZFE locales.
  • Coût d’usage : Économies très sensibles sur l’entretien (plus de vidange, allumage, échappement, courroie…) et sur l’énergie : un plein d’électricité coûte entre 2 à 5 €.

Cette opération reste donc raisonnable pour qui tient à son véhicule, en particulier face à l’achat d’un véhicule neuf électrique dont le tarif dépasse souvent 25 000 € (bonus déduit).


Quels véhicules peut-on rétrofiter ? Exemples et modèles phares

De plus en plus de modèles sont compatibles :

  • Citadines : Renault Clio 2 et 3, Peugeot 106/206/207, Citroën Saxo/C3, Fiat Panda, Volkswagen Golf 2 et 3…
  • Utilitaires légers : Renault Kangoo, Peugeot Partner, Citroën Berlingo, vieux fourgons artisans.
  • Iconiques de collection : Citroën 2CV, DS, Méhari, Volkswagen Coccinelle, Fiat 500 classique, Mini, Mercedes SL, Porsche 911 ancienne…
  • Véhicules rétro populaires : Twingo, R5, AX, et même ancienne BMW, Jaguar, etc.

L’offre ne cesse de s’étendre : certains constructeurs eux-mêmes (Renault, Stellantis via ses réseaux) commencent à s’intéresser au rétrofit « officiel ».


Rétrofit et écologie : un réel geste pour la planète ?

La question peut surprendre : rétrofiter n’est-il pas simplement « réparer au lieu de remplacer » ? Les experts confirment : le bilan carbone d’une conversion électrique évite la mise à la casse d’un véhicule en bon état, tout en supprimant 100 % des émissions à l’usage.

Si la batterie reste un produit complexe à fabriquer, sa « dette carbone » est compensée en deux à quatre ans d’utilisation électrique, grâce à la sobriété de ces véhicules souvent plus légers qu’un électrique neuf. Les pièces mécaniques préservées limitent aussi l’extraction de ressources pour un véhicule neuf.


Les limites et défis du rétrofit : pas encore pour tout le monde

  • Autonomie limitée : Parfait pour les trajets urbains ou périurbains, mais encore insuffisant pour les long-courriers ou voyageurs au long cours.
  • Investissement initial : Malgré les subventions, prix de départ notable pour une petite citadine, surtout pour les budgets serrés.
  • Réseau d’installateurs en croissance : Tous les garagistes ne sont pas encore équipés ni formés pour proposer cette opération. Il faut s’orienter vers des centres agrées.
  • Perte du caractère mécanique ou sonore : Pour certains puristes, transformer une ancienne en électrique fait perdre du charme… ou du plaisir d’entretien, même si le look et la sensation de route sont préservés.

Focus expérience : témoignages de conducteurs rétrofités

Julien, 45 ans, passionné de voitures anciennes, a sauté le pas : « J’ai fait rétrofiter ma Méhari de 1976 à l’été 2022. Fini les odeurs d’essence, les démarrages capricieux. J’utilise ma voiture de collection pour aller travailler tous les jours dans Paris… et l’entretien m’a coûté 40 € en deux ans ! »


De son côté, Aurélie a électrifié la Kangoo familiale, trop vieille pour les ZFE : « Pas d’investissement dans un véhicule neuf, pas de mensualité. Pour nos déplacements quotidiens et le marché du samedi, l’autonomie suffit largement. »


Procédure pratique – comment se lancer dans un rétrofit ?

  1. Diagnostiquer le véhicule à rétrofiter : état général du châssis, des freins, de la structure…
  2. Choisir un centre ou installateur agréé proche de chez soi (liste consultable sur le site du gouvernement).
  3. Valider le modèle et le kit compatible (en fonction de la carte grise, du type de véhicule et des besoins).
  4. Déposer le véhicule chez le professionnel, compter une à deux semaines de travaux selon la complexité.
  5. Contrôle technique et homologation finale, changement de la carte grise (mention énergie « électrique »).
  6. Informer l’assureur et… reprendre la route en toute légalité !

En synthèse : un mouvement en marche pour la mobilité durable

Accessible, écologique et désormais sécurisé par la loi, le rétrofit électrique s’impose comme une solution d’avenir pour tous ceux qui souhaitent convertir leur passion de l’automobile à l’ère zéro émission. S’il ne remplacera pas encore, à court terme, tous les usages (voyages longs, très grands gabarits…), il se taille une place sur le marché des citadines, utilitaires ou véhicules de caractère. Avec la montée des zones à circulation restreinte, son intérêt croît chaque jour. Le rétrofit, c’est le pari d’une mobilité innovante… mais avec une bonne dose de nostalgie en prime !


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