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Bilan semestriel : quelles voitures se vendent le mieux en France ?

Par Maxime
5 minutes

Pouvoir d’achat, électrification et préférences nationales : décryptage des meilleures ventes auto au premier semestre 2024

Le marché automobile français évolue vite, entre bouleversements environnementaux, contraintes économiques et renouvellement accéléré des modèles. Depuis janvier, les concessions voient défiler des profils d’acheteurs plus diversifiés que jamais, contraints de jongler entre inflation, évolution du malus, émergence des ZFE (zones à faibles émissions) et montée en puissance de la voiture électrique.
Mais, concrètement, quelles sont les voitures qui séduisent le public au premier semestre 2024 ? Quelles tendances se dessinent derrière les chiffres ? CarnetMariage.fr livre un point complet, illustré, pour cerner les dynamiques du marché hexagonal.


Des citadines et crossovers toujours au sommet

Premier constat : la domination des modèles compacts et urbains se confirme. Sur une route qui s’électrifie lentement, la clientèle réagit avec pragmatisme. L’attachement pour les best-sellers français reste fort, porté par la réputation de fiabilité et des offres adaptées au pouvoir d’achat contraint.

  • Peugeot 208 : reine du classement, la citadine star du Lion conserve sa première place, forte de sa polyvalence, de la version essence remaniée en début d’année et du succès croissant de la déclinaison 100% électrique e-208.
  • Renault Clio : la compacte losange a repris des couleurs après son restylage, séduisant par son tarif contenu, son hybridation E-Tech sobre et sa large diffusion dans les flottes pros.
  • Dacia Sandero : incontournable pour les budgets serrés, la Sandero reste dans le trio de tête, championne du « bon rapport prix/prestations » avec ses moteurs essence/Bioéthanol E85 et une version Stepway populaire en ville et hors agglomération.

Ce podium, inchangé par rapport à 2023, montre que la simplicité, le coût d’usage et la familiarité restent des leviers puissants d’achat, même à l’heure de l’innovation technologique partout annoncée.


SUV et crossovers : la dynamique s’essouffle… mais ils dominent toujours

Si les SUV et « crossovers » gardent le vent en poupe, leur progression ralentit, confrontée au surcoût d’achat et de fonctionnement. Les modèles compacts supplantent les versions plus massives, moins compatibles avec les contraintes urbaines et fiscales actuelles.


  • Peugeot 2008 : il talonne la 208, illustrant la préférence des foyers pour un gabarit surélevé, porteur d’une image statutaire et d’un confort d’accès. Son restylage et l’arrivée de la nouvelle e-2008 (électrique) dynamisent les commandes.
  • Renault Captur : avec ses multiples déclinaisons (essence, GPL, hybride), il séduit familles urbaines et campagnardes. La version E-Tech hybride tire son épingle du jeu, favorisée par les politiques anti-diesel dans les grandes métropoles.
  • Dacia Duster : bon dernier du trio mais toujours plébiscité pour ses prestations « prix/fonctionnalité », il bénéficie de la nouvelle génération présentée fin 2023 et de l’étiquette « baroudeur économique » inscrite dans l’ADN Dacia.

Globalement, les SUV et crossovers représentent plus d’un tiers des ventes en France sur le semestre, mais les évolutions réglementaires (malus, restrictions de circulation) commencent à peser sur la dynamique du segment.

L’électrique s’installe, l’hybride rassure

Si l’électrification progresse partout en Europe, la France reste prudente. Les voitures électriques s’approchent des 18% du mix total, une progression réelle mais encore freinée par le prix d’entrée (malgré la mise en place du « leasing social » au début 2024, suspendu en mars faute de budget) et des incitations écologiques de plus en plus ciblées sur la production européenne.


  • Tesla Model Y : bouscule le marché, notamment chez les familles et les flottes d’entreprise. Malgré une baisse du bonus, la berline-SUV américaine s’impose comme la première électrique vendue en France. Son réseau de recharge convainc les + de 30 ans, tout comme l’ouverture progressive à la recharge universelle.
  • Peugeot e-208, Renault Megane E-Tech, MG4 : ces modèles 100% électriques cartonnent grâce à l’amélioration de l’autonomie, la modernité des prestations à bord et un effort récent sur les prix affichés. La MG4, venue de Chine, signe la montée en puissance des constructeurs asiatiques, bouleversant la hiérarchie sur l’entrée de gamme VE.
  • Hybrides/Hydrides rechargeables : Renault Clio E-Tech, Toyota Yaris Hybrid et Captur E-Tech s’arrogent, à eux seuls, plus de la moitié des ventes hybrides. Les hybrides « simples » rassurent, limitant la complexité et les pénalisations tarifaires tout en offrant des consommations modérées. Le rechargeable séduit toujours les entreprises, surtout en LLD, mais reste en retrait côté particuliers du fait de son tarif et d’une rentabilité limitée sans recharge fréquente.

Particuliers vs. pros : qui tire le marché en 2024 ?

Le début 2024 confirme le poids prédominant des ventes aux particuliers qui approchent 60% du volume total, retrouvant progressivement leurs niveaux d’avant-crise. L’appétence pour les modèles compacts, économiques en usage, se manifeste à travers les ventes de Sandero, 208, Clio mais aussi Citroën C3 ou Toyota Yaris.
Le marché entreprises reste, lui, le principal moteur des ventes électriques et hybrides rechargeables. Les fiscalités favorables, la souplesse des contrats de location longue durée et l’image écoresponsable accélèrent la transition. Tesla, Peugeot et Renault s’arrogent les plus gros volumes sur ce segment.


Diesel et essence : la transition s’accentue

Le diesel, autrefois écrasant, se cantonne désormais à moins de 10% du marché hexagonal (contre près de 70% il y a dix ans). Son recul s’explique par les ZFE, la hausse de la fiscalité et les campagnes d’incitation au renouvellement.
L’essence reste le carburant le plus répandu sur les modèles citadins et familiaux polyvalents. Les motorisations Bioéthanol/E85 et GPL poursuivent leur chemin, grappillant doucement des parts sous l’effet de la hausse du prix des carburants et des bonus d’installation à la conversion.


Top 10 : le palmarès en chiffres des six premiers mois

Pour les amateurs d’indicateurs concrets, voici la liste des 10 voitures particulières les plus vendues de janvier à juin 2024 :


  1. Peugeot 208 (essence et électrique confondus)
  2. Renault Clio
  3. Dacia Sandero
  4. Peugeot 2008
  5. Renault Captur
  6. Dacia Duster
  7. Tesla Model Y
  8. Citroën C3
  9. Toyota Yaris
  10. Renault Megane E-Tech

Ces modèles concentrent plus de 40% du marché. La domination des généralistes tricolores ne se dément pas, mais la percée de Tesla et de marques asiatiques (MG, BYD) laisse présager une recomposition dans les années à venir.


Les tendances à surveiller pour le second semestre

  • Montée de l’électrique : malgré un ralentissement temporaire des aides, l’offre électrique va continuer de s’élargir. L’arrivée des Renault R5 électrique, Citroën ë-C3, Peugeot e-3008 pourrait rebattre les cartes dès la rentrée.
  • Resserrement des écarts prix/usage : les fabricants français promettent des modèles abordables, en réponse à la percée des concurrents chinois et à la contraction des budgets des ménages.
  • Transformation rapide du parc pro : les politiques internes d’entreprise incitent de plus en plus à l’abandon du diesel. Bonus LLD, fiscalité favorable et nouveaux modèles électriques ou hybrides dédiés s’imposent.
  • Vers plus de sobriété : les volumes de ventes restent encore inférieurs aux années pré-covid, signe d’un marché plus mature et d’un consommateur désormais très attentif aux TCO (coût total d’utilisation) et aux contraintes de mobilité en ville.

Ce qu’il faut retenir : pragmatisme, simplicité et anticipation

Derrière la profusion des offres et des innovations, le marché automobile français 2024 demeure piloté par un trio d’attentes simples : fiabilité, accessibilité, coût d’usage maîtrisé. Les acheteurs placent au sommet des meilleures ventes les citadines / compacts polyvalents, optant pour l’électricité ou l’hybride seulement si le budget et l’usage quotidien s’y prêtent réellement.
Pour les constructeurs, la bataille s’annonce intense sur le terrain de l’autonomie électrique, de la baisse des coûts de possession et du « made in Europe ». Côté acheteurs, l’anticipation reste la clé : choix raisonné du modèle, arbitrage entre essence/hybride et électrique, prise en compte du réseau de recharge et des incitations locales. Les prochains mois seront déterminants pour observer si la dynamique du printemps 2024 se confirme et si le marché français s’engage véritablement dans une révolution douce, mais profonde, de sa mobilité.


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