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Le marché des micro-mobilités électriques en plein essor

Par Maxime
6 minutes

De nouveaux modes de déplacement séduisent les villes

Trottinettes électriques, vélos à assistance, gyropodes, monoroues ou encore scooters urbains : en quelques années, ces engins compacts et connectés se sont imposés dans les rues françaises. La micro-mobilité électrique, jadis considérée comme une simple tendance alternative, marque aujourd'hui un changement de paradigme dans nos façons de circuler en ville. Pour les citadins comme pour les collectivités, elle offre une vraie réponse aux défis de congestion, de pollution et de coût du transport.

Pourquoi ce succès fulgurant ?

Plusieurs facteurs expliquent l’essor rapide de ces moyens de transport individuels. La saturation des transports en commun, la difficulté à se garer, la recherche d'autonomie mais aussi la montée de la conscience écologique poussent vers des choix différents. Pour franchir les « derniers kilomètres », gagner du temps, et alléger la facture mobilité, beaucoup adoptent la micro-mobilité électrique comme une nouvelle évidence.
L’offre elle-même s’est étoffée : une pléiade de marques, des prix qui baissent, un design plus sécurisé et une autonomie qui flirte désormais avec les 80 km sur certains modèles. Les grandes villes encouragent quant à elles l’usage de ces solutions via des pistes dédiées, des subventions à l’achat ou encore la location courte durée.

Panorama des engins de micro-mobilité les plus populaires

  • Les trottinettes électriques : Reines des centres-villes, elles se glissent partout, se plient et se transportent facilement. En location libre-service (free-floating) ou achetées à titre personnel, leur popularité ne se dément pas auprès des 18-35 ans mais aussi des actifs urbains de tout âge.
  • Les vélos à assistance électrique (VAE) : Ils séduisent par leur polyvalence et rassurent côté stabilité. Au-delà du simple usage domicile-travail, ils s’installent dans la vie quotidienne (courses, sorties, balades).
  • Les monoroues et gyropodes : Moins répandus mais très appréciés des geeks urbains et des amateurs de mobilité sans effort, ils offrent une expérience différente et un encombrement minimal.
  • Les scooters électriques compacts : De plus en plus accessibles, ils rivalisent avec les 50cc thermiques en ville pour ceux qui cherchent un vrai surcroît de vitesse sans émission locale de CO2.

Un marché en forte croissance – les chiffres

Selon la Fédération des Professionnels de la Micro-Mobilité (FP2M), plus d'1,5 million d'engins électriques légers (trottinettes, vélos, monoroues) ont été vendus en France en 2023, soit une progression de près de 30% par rapport à l’année précédente. La trottinette arrive en tête avec plus de 800 000 unités, devant le vélo à assistance électrique dont les ventes explosent également (+47% sur cinq ans).
À Paris, Lyon, Bordeaux ou Nantes, près d’un trajet sur dix est désormais effectué avec un engin de micro-mobilité, un record européen. L’accélération s’explique aussi par le succès du marché de la seconde main — mais aussi des modèles reconditionnés, plus abordables.

Usages et profils des adeptes

Si le cœur de cible reste le jeune urbain, la micro-mobilité séduit désormais les familles, avec des modèles adaptés au transport d’enfants, des accessoires de sécurité et même des versions cargo. De plus en plus d’entreprises équipent leurs salariés de flottes partagées ou proposent un « plan mobilité » comprenant la location ou l’achat d’un VAE ou d’une trottinette. Ce phénomène touche aussi les séniors, friands de vélos électriques « confort » pour allonger la durée des déplacements ou retarder la perte de mobilité.

Les avantages : flexibilité, gain de temps, budget maîtrisé

  • Indépendance et rapidité : Prendre sa trottinette ou son VAE, c’est éviter les horaires rigides et les temps d’attente des lignes de bus ou de métro.
  • Économie : Fini essence, abonnements coûteux, parking difficile : l’électrique coûte en moyenne 5 à 10 fois moins cher que la voiture individuelle ou le deux-roues thermique sur petits trajets quotidiens.
  • Choix écologique : Bien que la production des batteries puisse être problématique, le bilan carbone à l'usage reste imbattable, surtout sur les courtes distances intra-muros.
  • Facilité de stationnement : Un cadenas, un range-trottoir – ou mieux encore, porter son engin au bureau – et le casse-tête du stationnement disparaît.
  • Connexions facilitées : On combine métro/RER puis VAE ou trottinette pour aller plus loin, plus vite, sans hiatus de mobilité.

Les défis : sécurité, réglementation, cohabitation

  • Sécurité : Le nombre d’accidents impliquant les engins électriques a progressé en parallèle des ventes. Le port du casque est vivement conseillé, certaines villes le rendant même obligatoire. Maîtrise de la vitesse et formation à la circulation urbaine restent cruciales.
  • Vols et vandalisme : La petite taille attire les convoitises. Les assureurs développent des offres dédiées (vol, bris, responsabilité civile) mais la prévention auprès des utilisateurs (antivols de qualité, gravure, géolocalisation) est essentielle.
  • Réglementation mouvante : Chaque année, de nouveaux textes encadrent vitesse maximale (25 km/h pour les trottinettes), accès aux pistes cyclables, âge minimum, ou encore équipement obligatoire (feux, sonnettes, gilets réfléchissants la nuit...). La méconnaissance des règles expose à des amendes.
  • Cohabitation avec les autres mobilités : Le partage de l’espace public (pistes cyclables, trottoirs, chaussée) doit se faire dans le respect de tous : piétons, vélos, automobilistes. Périodes de transition parfois tendues mais une adaptation progressive se met en place via des infrastructures dédiées et des campagnes de sensibilisation.

Évolutions technologiques à la rescousse

L'essor du segment s’appuie sur des progrès notables en matière de batteries lithium (plus légères, plus denses, plus rapides à recharger), de moteurs brushless (rendement, silence), de connectivité (télémétrie, antivol GPS) ou encore de confort de conduite (amortisseurs, grandes roues, suspensions hydrauliques). Certains modèles haut de gamme proposent même la gestion via application mobile ou le partage en famille grâce à des profils utilisateurs personnalisés.

Assurance, coût d’utilisation : un nouveau réflexe à adopter

L’assurance responsabilité civile est obligatoire pour tous les engins motorisés circulant sur voie publique. Plusieurs compagnies proposent désormais des formules adaptées aux différents profils (occasionnel, usager quotidien, entreprise), parfois combinées avec l’assurance habitation. Le coût reste très inférieur à celui d’une assurance auto. Comptez de 3 à 7 € par mois pour une formule de base, jusqu'à une vingtaine d’euros pour couvrir vol et casse totale.
Concernant l'entretien, il est minimal (gonflage, freins, batterie), les réparations étant souvent réalisées chez un spécialiste local ou, de plus en plus, à domicile.

Vers une mobilité partagée et éco-responsable

Le boom des flottes partagées (free-floating), gérées par des opérateurs privés ou semi-publics, transforme la micro-mobilité en véritable service public du dernier kilomètre. Grâce à la géolocalisation, à la réservation instantanée et au paiement dématérialisé, louer une trottinette ou un vélo partagé devient aussi simple qu’appeler un VTC. Les collectivités imposent désormais des cahiers des charges exigeants sur la sécurité, la maintenance et la collecte des engins mal garés.

Demain : réglementation, écologie et innovation

L’avenir du marché passera par une réglementation affinée et mieux harmonisée au niveau national, mais aussi par le recyclage et la seconde vie des batteries. La fabrication européenne d'engins et de batteries pourrait réduire l'empreinte carbone globale du secteur. Par ailleurs, la montée en gamme des infrastructures (parkings sécurisés, bornes de recharge publiques, pistes express) et l’évolution vers des modèles toujours plus sobres et connectés consolideront cette croissance.
Des innovations sont attendues : batteries échangeables, intégration aux applis MaaS (« Mobility as a Service ») ou flottes collaboratives dans les copropriétés.

Conclusion : la micro-mobilité, une révolution durable ?

La micro-mobilité électrique a déjà bousculé nos repères : elle offre aux citadins comme aux périurbains une façon souple, accessible et potentiellement durable de se déplacer. Elle interpelle aussi sur la façon de concevoir l’espace public, la sécurité routière et notre rapport à l’objet mobilité. Si elle soulève des défis de cohabitation et de réglementation, son potentiel pour les villes et les individus reste immense. Loin d’être un simple phénomène de mode, elle préfigure une mobilité plus efficiente, pensée pour l’essentiel et sans bla-bla inutile.

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