Virage historique : quand les géants automobiles redéfinissent nos déplacements
La mobilité entre dans une ère de mutation aussi profonde qu’accélérée. Terminée l’époque où chaque constructeur se limitait à aligner moteurs thermiques et variantes de carrosseries. De l’Europe à l’Asie, les grandes marques historiques dévoilent chaque année leurs orientations stratégiques pour la décennie à venir. Transition électrique, développement de nouvelles plates-formes, investissement massif dans le logiciel ou objectifs écologiques ambitieux : tour d’horizon des ambitions annoncées qui façonneront la mobilité de demain.
Électrification : la promesse d’une gamme zéro émission pour tous
Impossible d’échapper à la vague : les annonces d’arrêts progressifs des moteurs thermiques se succèdent. Chaque constructeur majeur bâtit sa feuille de route.
- Renault a confirmé son intention de devenir l’un des leaders de l’électrique en Europe d’ici 2030, en promettant que 100 % de sa gamme vendue sur le Vieux Continent sera électrique à cette date.
Sa filiale Ampere, dédiée à l’innovation électrique, doit doubler la cadence : plusieurs nouveaux modèles abordables sont annoncés, dont la future R5 électrique. - Volkswagen s’est engagé à lancer plus de 10 nouveaux modèles électriques d’ici 2027 et à mettre fin au développement de moteurs thermiques dès 2026. Le lancement de la plateforme SSP, commune à toutes les marques du groupe, veut accélérer la rationalisation des coûts et l’accès à la mobilité électrique.
- Mercedes-Benz et BMW promettent, eux aussi, une gamme entièrement déclinée en version 100 % électrique à l’horizon 2030-2035, tout en perfectionnant la technologie hybride rechargeable pour la période de transition.
La gamme EQ (Mercedes) et la famille « i » (BMW) sont les vitrines de cette stratégie, avec une ambition premium et hautes performances. - Stellantis (Peugeot, Citroën, Fiat, Opel, DS, etc.) mise sur le multi-énergie à court terme puis sur une bascule à 100 % électrique à compter de 2038, tout en investissant dans des batteries « à faibles coûts » destinées à l’entrée de gamme.
- Du côté japonais, Toyota accélère enfin la cadence avec un plan d’investissement autour des batteries solides et une offensive massive sur les hybrides rechargeables, tout en annonçant 30 modèles électriques dans la décennie.
Batteries, gigafactories et autonomie : le nerf de la guerre
Derrière les annonces de modèles électriques, la bataille de demain se joue sur la chaîne d’approvisionnement. Les constructeurs investissent des milliards dans des « gigafactories », usines géantes dédiées à la production de cellules et de packs batterie.
- Renault et Stellantis ont officialisé plusieurs partenariats avec des spécialistes (Verkor, ACC) pour implanter ces usines en France et sécuriser leur autonomie de production.
- Volkswagen vise 6 gigafactories en Europe d’ici la fin de la décade, pour couvrir l’ensemble de ses besoins, réduire le coût au kWh et rassurer sur la disponibilité longue durée des pièces.
- À l’autre bout du globe, Tesla reste le modèle à suivre, repoussant sans cesse la densité énergétique et la rapidité de recharge, que les constructeurs historiques doivent atteindre pour préserver leur compétitivité.
La quête de la « voiture à 1000 km d’autonomie » ou de la recharge ultra-rapide (moins de 15 minutes pour 80 %) constitue un défi technologique aussi bien qu’un argument majeur pour convaincre le grand public.
Logiciel, connectivité : l’automobile devient une plateforme mobile
Parallèlement à l’électrification, la grande révolution vient du numérique. Les constructeurs historiques affirment vouloir devenir des « data companies », à l’image du secteur high-tech.
- Volkswagen a créé Cariad, une division logicielle qui vise à unifier tous les systèmes d’exploitation maison et à généraliser les mises à jour à distance (OTA).
- Stellantis prévoit plus de 20 milliards d’euros d’investissements dans le logiciel, afin de proposer une expérience connectée, personnalisée et ouverte aux nouveaux services (assurances évolutives, navigation intelligente, maintenance prédictive...).
- Mercedes-Benz intègre de plus en plus d’assistants vocaux avancés, anticipe le « digital twin » et souhaite mieux interconnecter la voiture à la maison, à la ville, aux réseaux énergétiques (V2G).
Les plus grandes firmes annoncent la généralisation de la conduite assistée de niveau 2 ou 3 d’ici 2025-2030 sur le segment premium, et des avancées majeures sur la sécurité prédictive grâce à l’intelligence artificielle embarquée.
Hydrogène et alternatives : pari sur la diversité technologique
Tous les groupes ne misent pas exclusivement sur la batterie lithium-ion classique. Le développement de véhicules à hydrogène se poursuit, notamment pour les utilitaires, camions ou sur certains marchés (Corée du Sud, Japon).
- Toyota continue de pousser la pile à combustible, avec la Mirai comme vitrine, et veut doubler la production dans les prochaines années. L’intégration progressive de modèles utilitaires et bus à hydrogène est aussi en cours.
- Hyundai a développé la gamme Nexo, investit le segment des poids lourds et entend se positionner en précurseur auprès des flottes professionnelles.
- Renault s’engage aussi dans cette voie via « HYVIA », joint-venture dédiée à l’hydrogène pour les utilitaires et propose déjà ses premiers fourgons en location longue durée.
L’objectif : construire une mobilité vraiment « zéro carbone » même pour les usages intensifs, là où l’électrique à batterie atteint ses limites pratiques.
Stratégies pour un accès élargi à la mobilité
Les constructeurs historiques ne se contentent pas de renouveler leurs gammes, ils repensent aussi la façon dont les véhicules sont proposés aux clients :
- Développement des offres d’abonnement : de plus en plus de marques proposent la voiture « par abonnement », intégrant assurance, entretien et possibilité de changer de modèle selon les besoins. Objectif : séduire un public moins attaché à la propriété classique.
- Révision des réseaux : généralisation des ventes en ligne, nouveaux showrooms urbains, livraison à domicile ou essai à la demande pour répondre aux usages post-pandémie.
- Micro-mobilité : Peugeot (e-bikes), BMW (scooters électriques), ou encore Citroën (Ami), investissent massivement des segments compacts, urbains ou ultra-abordables.
Engagements écologiques et production responsable : vers une industrie renouvelée
Au-delà du véhicule, la responsabilité environnementale redessine la carte de visite des constructeurs :
- Mercedes-Benz ou BMW visent la carboneutralité pour toutes leurs usines dès 2030, tout en intégrant matériaux recyclés et circuits courts dans la fabrication des nouvelles gammes.
- Groupe Volkswagen inscrit la « neutralité carbone » dans tous ses sites européens, développement des filières de batteries recyclées et mise en place de labels écologiques sur chaque gamme électrique.
- Renault lance le concept de « Refactory » à Flins, une usine dédiée à l’économie circulaire : rénovation, réparation, reconditionnement de véhicules, création d’une filière solidaire pour allonger la durée de vie des produits.
Quel impact pour les usagers ? Des annonces à surveiller de près
Si ces annonces prouvent la vitalité d’un secteur en pleine métamorphose, elles interrogent aussi sur les usages concrets des automobilistes : coût réel de la transition, infrastructures de recharge, offre occasion, maintien des petites citadines accessibles... Les débats restent vifs, en particulier sur l’accessibilité des véhicules électriques et la capacité à tenir les délais annoncés pour la disparition des modèles thermiques.
- L’arrivée de modèles à moins de 25 000 €, promesse ferme de Renault ou Volkswagen, sera déterminante pour démocratiser la mobilité électrique.
- Le déploiement du réseau de bornes rapides, condition sine qua non pour généraliser l’usage du tout-électrique, entre dans une phase critique.
- L’apparition d’offres flexibles (abonnement, location longue durée) laisse présager un rapport renouvelé à la mobilité, plus pragmatique et moins attaché à la propriété statutaire.
En synthèse : une nouvelle ère où chaque constructeur joue sa crédibilité
Face aux défis du climat, à la pression réglementaire et à l’irruption inédite des start-up (Tesla, BYD, Nio, VinFast…), les historiques n’ont d’autre choix que d’accélérer. Les prochaines années diront si ces annonces ambitieuses se traduiront par une offre réellement adaptée aux besoins du plus grand nombre, sur tous les segments et tous les marchés.
Sur carnetmariage.fr, nous suivrons au plus près la réalisation concrète de ces engagements : tests de nouveaux modèles, décryptages de tendances, bilan des services proposés. Restez connectés pour voir, sans bla-bla, comment la mobilité de demain deviendra la mobilité d’aujourd’hui !