Sécurité routière

Comment réagir face à un véhicule d’urgence en circulation

Par Maxime
5 minutes

Quand un véhicule d'urgence approche : déjouer le stress et assurer la sécurité de tous


Ambulances, pompiers, véhicules de police ou du SAMU : tous ces véhicules d'urgence font partie de notre quotidien routier. Leur mission : intervenir au plus vite pour porter secours ou sauvegarder des vies. Mais lorsque surgit leur sirène, synonyme d'urgence absolue, comment réagir sans se laisser surprendre ou commettre d'impairs ? Sur carnetmariage.fr, décodage étape par étape des bons réflexes à adopter, pour la sécurité de chacun sur la route.


Reconnaître la présence d’un véhicule d'urgence : voir et anticiper


Les signaux lumineux (gyrophare bleu, feux clignotants) et sonores (sirènes deux-tons) caractérisent l’approche d’un véhicule d’urgence prioritaire. Il peut s’agir d’une ambulance, d’un véhicule de pompiers, d’une voiture de police, ou parfois d’un convoi exceptionnel accompagné.
Mais perception ne rime pas toujours avec action d’emblée : les conditions de trafic (métro, embouteillages, autoroute, nuit…) peuvent compliquer la localisation du véhicule.


  • À l’oreille : levée du pied sur l’accélérateur dès l’arrivée du bruit d’une sirène : essayez d’identifier d’où elle provient en vérifiant vos rétroviseurs.
  • Aux yeux : les feux tournants se repèrent de loin même en journée ; la nuit, la réflexion des lumières sur les bâtiments ou véhicules les trahit aussi.

Quelques secondes de vigilance en plus, c’est déjà gagner en sécurité, pour soi et pour tous les usagers.


Ce que prévoit le code de la route français : l’obligation de céder le passage


La priorité absolue est donnée aux véhicules d’intervention d'urgence lorsqu’ils utilisent leurs avertisseurs lumineux et sonores. Selon l’article R415-12, ils peuvent s’affranchir du code (franchir feux rouges, dépasser la vitesse maximale) si la situation le justifie.
En contrepartie, tous les autres usagers, automobiles, deux-roues ou piétons, doivent immédiatement leur faciliter le passage… à condition de ne pas mettre en danger leur vie ou celle d’autrui. Le refus de faciliter leur progression est sanctionné : amende, retrait de points voire, en cas de gêne avérée à une intervention, des suites judiciaires lourdes.


Chacun son cas : comment agir selon le type de route


En agglomération : rues et boulevards souvent congestionnés


  • Dès la perception des signaux, ralentissez progressivement, restez attentif à la trajectoire du véhicule d’urgence et prévenez par vos clignotants vos intentions.
  • Laissez une ouverture : si possible, collez-vous lentement à droite (ou sur la gauche si cela permet un passage plus large à gauche).
  • N’effectuez pas de manœuvre brusque : évitez tout coup de volant qui pourrait surprendre les autres automobilistes.
  • Ne montez ni sur le trottoir ni dans une voie cyclable réservée : sauf directive expresse des forces d’ordre.

En zone péri-urbaine ou sur nationale


  • Préparez le dégagement : sur une route à deux voies, si le véhicule d’urgence arrive face à vous, stoppez prudemment.
  • Si vous êtes dans sa voie, roulez lentement le plus possible à droite sans jamais mordiller l’accotement dangereux, surtout s’il s’agit d’une départementale sans visibilité.
  • Laissez une distance suffisante devant le feu ou dans un carrefour pour permettre au véhicule prioritaire de franchir.

Sur autoroute ou voie rapide : le corridor de sécurité


  • Dès la détection des feux ou klaxons, amorcez un ralentissement contrôlé.
  • Sur routes à plusieurs voies, la règle est de libérer la “voie royale”
    la plus à gauche (voiture roulant à gauche s’écarte à gauche, voiture centrale à gauche, voiture la plus à droite à droite). Le “couloir de secours” est alors formé.
  • Respectez les distances : gardez une marge de sécurité avec le véhicule de devant pour permettre une réaction efficace à tous.
  • Ne tentez jamais de vous “glisser” derrière le véhicule d’urgence pour profiter de son passage : c’est interdit, sanctionné, et extrêmement risqué pour les intervenants.

Bons réflexes à adopter : pratique et sécurité


  • Gardez votre calme et analysez la trajectoire du véhicule d’urgence. Parfois, il doit zigzaguer ; restez prévisible.
  • Utilisez vos clignotants même pour de petites déviations, afin d’informer les autres usagers.
  • Si le trafic est dense et l’ouverture difficile, ralentissez doucement et cherchez à “élargir” la file en accord avec les autres automobilistes (contact visuel, gestes mesurés).
  • Si vous êtes bloqué à un carrefour (au feu par exemple), n’avancez jamais sur la zone d’intersection sans visibilité. Le véhicule d’urgence contournera par la voie opposée ou sur le trottoir si nécessaire.
  • En stationnement, en manœuvre lente ou dans une allée étroite, immobilisez-vous et laissez le professionnel évaluer la largeur suffisante.
  • Restez concentré après le passage : d'autres véhicules prioritaires peuvent suivre, ne redémarrez pas précipitamment !

À ne jamais faire face à un véhicule d'urgence


  • Bloquer l’accès aux intersections ou serrer les files trop proches (queues de poisson, coups de volant soudains).
  • S’arrêter brusquement ou de façon imprévisible (pile avant un carrefour, sans prévenir).
  • Sur autoroute, freiner brutalement ou occuper le corridor dégagé après le passage du véhicule prioritaire.
  • S’engouffrer derrière le véhicule d’urgence, circuler dans son sillage pour “gagner” quelques secondes : attitude à risque maximal.
  • Couper un feu rouge “en suivant” un service d’urgence : réservé uniquement au personnel autorisé, sous leur responsabilité.

Focus : la nouvelle règle du corridor de sécurité


Depuis juillet 2018, l’obligation de créer un corridor de sécurité s’applique à tous les usagers dès qu’un véhicule d’intervention (pompiers, gendarmerie, dépannage) est arrêté ou progresse lentement sur la chaussée (flèches lumineuses, gyrophares allumés).
Chaque conducteur doit alors :

  • Décaler sa trajectoire si possible dans une autre voie, sinon ralentir fortement tout en redoublant d’attention.
  • Garder ses distances et ne pas stationner ni ralentir à l’excès de façon dangereuse.

L’infraction est passible de sanction : 135 € d’amende et 3 points en moins, car le risque pour les intervenants (secours, police, patrouilles autoroutières) est très élevé lorsqu’ils sont hors de leur véhicule.


Piétons, cyclistes, deux-roues : comment réagir face aux véhicules d'urgence ?


  • En tant que piéton : stoppez, vérifiez d’où vient le véhicule, ne traversez pas tant qu’il n’a pas passé même s’il est à distance.
  • Cyclistes : rangez-vous sur le côté droit de la chaussée et arrêtez-vous si cela permet de créer le passage suffisant ; évitez les changements de direction brusques.
  • Deux-roues motorisés : anticipez le passage, surtout dans les embouteillages (notamment en interfiles), pour éviter d’être surpris à la dernière minute.

Pourquoi l’efficacité du passage sauve des vies ?


Quelques exemples le prouvent : chaque “perte de temps” sur un trajet d'intervention (feux non respectés, automobilistes hésitants, files indisciplinées) peut retarder de précieuses minutes l’arrivée des secours. Selon les études, un allongement de 4 minutes du temps d’accès multiplie les risques de décès lors d'un arrêt cardiaque. D’où l’importance, pour tout conducteur, de comprendre qu’au-delà de la contrainte routière, la facilitation du passage devient un geste citoyen et solidaire.


En cas d’incident ou d’accident sur la route : l’action coordonnée prime


Si vous êtes témoin ou victime d’un accident et attendez les secours :

  • Balisez la zone (triangle de présignalisation à au moins 30 m, gilet réfléchissant), allumez vos feux de détresse.
  • Gérez la circulation tant que les secours ne sont pas sur place, en orientant les autres véhicules loin de la zone à risque.
  • Une fois les secours arrivés, suivez strictement leurs indications et retirez-vous rapidement dès que cela est possible.

En synthèse : adopter la culture du réflexe solidaire


Faciliter le passage des véhicules prioritaires, c’est bien plus que respecter une règle : c’est contribuer activement à la chaîne du secours – celle qui, tous les jours, sauve des vies sur nos routes. Les bons réflexes : observer, anticiper, signaler, garder son calme. Savoir adapter sa conduite partout, en ville ou sur autoroute, engager d’autres usagers dans un décalage harmonieux, respecter la règle du corridor tout comme la sécurité de chacun.


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