Assurance & budget

Le bonus-malus : fonctionnement et impact sur votre budget auto

Par Maxime
5 minutes

Ce qu'il faut savoir sur le bonus-malus assurance auto et ses conséquences sur votre budget


Dans l’univers de l’assurance automobile, le système du bonus-malus – aussi appelé “coefficient de réduction-majoration” (CRM) – reste souvent source d’incompréhension pour de nombreux conducteurs. Pourtant, il influe directement sur le tarif de votre assurance année après année et sur vos dépenses à la moindre sinistre. Pour mieux anticiper vos frais et adapter vos habitudes de conduite, il est essentiel d’en comprendre le fonctionnement, l’impact sur votre budget ainsi que les astuces à connaître pour éviter les mauvaises surprises.


Comprendre le principe du bonus-malus


Le bonus-malus est un mécanisme instauré en France depuis 1976 afin d’inciter les conducteurs à adopter une conduite prudente. Chaque année, en fonction de votre comportement au volant – et plus précisément au regard des sinistres responsables – votre contrat d’assurance auto évolue : vous bénéficiez d’une réduction (bonus) ou subissez une majoration (malus) sur votre prime annuelle.


Le système s’applique pour tous les contrats d’assurance responsabilité civile (légalement obligatoire), qu’il s’agisse d’une assurance « au tiers » ou « tous risques », et concerne la quasi-totalité des véhicules particuliers. Le principe : chaque automobiliste démarre avec un coefficient de 1,00 en début de carrière, puis ce coefficient est revalorisé à chaque date anniversaire selon le nombre et la nature des accidents dans l’année.


Calcul du bonus-malus : mode d’emploi pratique


Chaque année sans accident responsable baisse votre coefficient de 5 % (multiplicateur de 0,95). À l’inverse, chaque accident responsable majore ce coefficient de 25 % (multiplicateur de 1,25). Les accidents partiellement responsables augmentent le coefficient de moitié (+12,5 %, multiplicateur de 1,125).


  • Exemple concret : si vous n’avez aucun sinistre responsable pendant cinq ans, votre coefficient tombe à 0,76. Traduction : votre prime annuelle est réduite de 24 % (1 - 0,76).
  • À l’inverse, un accident responsable fait repasser ce coefficient de 0,76 à 0,95 l’année suivante, avec une hausse immédiate de la cotisation.

Le coefficient minimum est plafonné à 0,50 : après 13 ans sans accident, vous profitez d’une réduction maximale de 50 % sur la prime de base.


Quels sinistres déclenchent un malus ?


Le malus s’applique exclusivement aux accidents pour lesquels le conducteur assuré a été jugé responsable ou co-responsable par l’assureur, après expertise ou constat amiable. Sont donc exclus les sinistres suivants :


  • Vol ou tentative de vol du véhicule
  • Incendie ou catastrophe naturelle
  • Bris de glace
  • Accident uniquement causé par un tiers identifié responsable

En revanche, si vous causez des dommages matériels ou corporels même mineurs, le malus vous sera appliqué intégralement, indépendamment de la gravité.


Bonus-malus : quel impact sur la prime d’assurance ?


Le coefficient de bonus-malus vient s’appliquer à la prime de référence définie par l’assureur. Ainsi, un conducteur au bonus maximal paiera deux fois moins cher qu’un assuré « neutre » ; à l’inverse, la note grimpe vite après des sinistres répétés.


Illustration :

  • Prime de référence : 850 €
  • Conducteur avec coefficient 0,50 : 425 €
  • Après accident responsable (coefficient 0,62) : 527 €
  • Après plusieurs accidents (coefficient 1,25 puis 1,56) : la prime peut dépasser les 1000 €, voire bien plus

Le bonus-malus est donc LE levier principal sur votre budget assurance auto. Sur dix ans de conduite, la différence de cotisation cumulée peut dépasser plusieurs milliers d’euros…


Comment récupérer du bonus après un malus ?


Aucun malus n’est définitif. Après avoir été sanctionné, il est toujours possible d’alléger sa facture d’année en année. À chaque période de 12 mois sans accident responsable, le coefficient redescend de 5 %. Ainsi, deux ans sans accident divisent déjà le malus initial de près de 10 %.


À noter : certaines compagnies proposent des offres « rachat de malus » (bonus à vie ou protection de bonus) permettant de ne pas voir son bonus diminuer après un premier sinistre responsable. Attention, ces formules sont facturées et pas toujours avantageuses sur le long terme.


Changer d’assureur : le bonus-malus vous suit partout


Le bonus-malus est personnel, « portable » d’un assureur à l’autre et dépend du conducteur principal identifié au contrat. Au moment d’un changement d’assurance, votre nouvel assureur exigera votre relevé d’information (document officiel) pour calculer votre nouvelle prime en tenant compte de votre passé d’accidents sur cinq ans.


Ce système évite les « redémarrages à zéro » et incite à la transparence entre sociétés d’assurance. Pour les jeunes conducteurs ou après résiliation, il permet aussi à chacun de repartir sur des bases justes, sans double sanction.


Bonus-malus auto : les profils les plus exposés


  • Jeunes conducteurs : soumis à une surprime, tout accident provoque un malus plus sensible sur un tarif déjà élevé
  • Conducteurs multi-véhicules ou professionnels : chaque véhicule possède son CRM propre, un incident sur l’un n’affecte pas l’autre
  • Usages intensifs/covoiturage : le nombre de kilomètres ou la nature des trajets sont parfois suivis, il faut signaler tout changement d’usage

Astuces : limiter l’impact du malus sur votre budget


  • Opter pour la franchise adaptée : sur un sinistre mineur, payer de sa poche peut éviter un malus (et donc une hausse durable de prime)
  • Réfléchir avant de déclarer un accident : pour une rayure ou un accrochage isolé, vérifier le coût réel du sinistre par rapport au surcoût engendré par le malus
  • Privilégier la conduite préventive : formations post-permis, stages de récupération de points ou utilisation de boîtiers télématiques peuvent valoriser votre profil auprès de certains assureurs
  • Comparer les offres : à bonus/malus identique, la prime varie énormément selon les compagnies. La Loi Hamon permet de résilier à tout moment après un an de contrat
  • Bonus à vie ou assistance “brise-glace” : à étudier quand vous bénéficiez déjà d’un CRM à 0,50, ces offres permettent de préserver votre tarif en cas d’incident isolé

Le bonus-malus, un outil pour un budget auto maîtrisé


Le système bonus-malus, malgré sa complexité, est un véritable outil de pilotage du budget auto. Pour garder la maîtrise sur vos dépenses, il est crucial de suivre régulièrement votre coefficient et de bien comprendre ses enjeux : le coût réel des petits accidents, l’intérêt de déclarer ou non certains sinistres, l’effort à fournir pour retrouver un bonus après une période difficile…


Contrôlez vos habitudes de conduite, renseignez-vous auprès de votre assureur sur les options disponibles et n’hésitez pas à comparer régulièrement pour tirer le meilleur de votre bonus-malus.


À retenir : bonus-malus et gestion du budget auto


  • Bonus et malus influencent durablement le montant d’assurance – et parfois bien plus que le choix entre « tous risques » et « au tiers ».
  • Le système incite à la prudence, mais il existe des moyens de compenser un malus ponctuel.
  • Un accident isolé ne doit pas toujours être déclaré si la réparation est minime… mais cacher un sinistre majeur revient à se priver d’une prise en charge essentielle.
  • La fidélité à un assureur ou certains services en ligne peuvent vous permettre d’accéder à des bonus « à vie » ou de geler votre CRM en cas de pépin.

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