Les radars urbains : au cœur de la nouvelle politique de sécurité routière
Depuis quelques années, la sécurité routière en ville connaît une profonde évolution avec l’essor des radars urbains. Plus discrets, plus polyvalents et désormais au cœur des enjeux de mobilités durables, ces équipements prennent une place inédite dans le quotidien des automobilistes, cyclistes et piétons. Quelles sont les récentes règles en vigueur ? Qui risque quoi ? Quelles bonnes pratiques adopter pour éviter les mauvaises surprises et rester serein au volant en milieu urbain ? CarnetMariage.fr fait le point complet sans bla-bla, pour anticiper l’essentiel et comprendre la révolution silencieuse engagée dans les rues françaises.
Pourquoi tant de changements autour du contrôle automatisé en ville ?
En France, la densification du trafic en agglomération et l’essor des déplacements doux (vélo, trottinette, marche…) renforcent le besoin de réduire la vitesse et d’apaiser les circulations. Selon l’ONISR (Observatoire national interministériel de la sécurité routière), la vitesse excessive reste l’une des premières causes d’accidents mortels en centre-ville. Parallèlement, les réclamations sur les incivilités et le non-respect du Code de la route (stationnement illicite, feux rouges grillés, dépassements dangereux, etc.) se multiplient.
Pour répondre à ces enjeux, l’État et les collectivités locales investissent dans de nouvelles générations de radars urbains, la plupart adaptés aux défis spécifiques des centres denses : contrôle multifonction, détection de plusieurs infractions et collecte de données pour monitorer l’évolution des déplacements.
Qu’est-ce qu’un radar urbain aujourd’hui ? Focus sur les technologies récentes
- Radars « tourelles » : ces radars de nouvelle génération, inaugurés depuis 2018, mesurent la vitesse sur plusieurs voies et gèrent différentes infractions (vitesse, feu rouge, passage à niveau, non-respect de distances de sécurité). De forme rectangulaire et perchés à plusieurs mètres de hauteur, ils sont difficiles à vandaliser et photographient aussi bien l’avant que l’arrière du véhicule.
- Radars multiservices : installés en priorité sur les axes où circulent voitures, bus et deux-roues, ils repèrent jusqu’à huit catégories d’infraction, dont le non-respect des couloirs de bus, l’usage du téléphone ou la ceinture non-bouclée (en fonction du paramétrage autorisé).
- Radars « leurres » (ou cabines factices) : disséminés en grand nombre dans les métropoles, elles créent l’incertitude quant à la présence réelle d’un appareil actif. Un système qui vise à modifier durablement les comportements.
- Radars fixes de feu rouge : après une période de quasi-mise en sommeil, ils reviennent dans l’actualité à l’approche des JO 2024 et pour sensibiliser de nouveau à l’accidentologie liée aux franchissements de feux.
- Radars piétons/cyclos : en expérimentation dans certaines villes, ces systèmes repèrent le non-respect des passages piétons ou la circulation illégale sur les pistes cyclables.
2024 : ce qui a changé dans la réglementation et le déploiement
Entre 2021 et 2024, le nombre de radars urbains actifs a quasiment doublé dans les 30 plus grandes agglomérations. Sous l’impulsion de la loi d’orientation des mobilités (LOM) et des plans de sécurité routière, plusieurs nouveautés sont entrées en vigueur :
- Généralisation de la limitation à 30 km/h : Beaucoup de centres urbains sont passés au 30 km/h généralisé (Paris, Grenoble, Nantes, Lille…). Les radars de vitesse sont paramétrés de façon beaucoup plus stricte, avec des marges réduites (comptez 5 km/h de tolérance maximum sous 50 km/h, soit verbalisation à partir de 36 km/h réel dans une zone 30).
- Digitalisation du PV et harmonisation des sanctions : Les amendes issues des radars automatiques sont désormais entièrement dématérialisées (courrier, email, notification sur appli officielle ANTAI), et la contestation suit une procédure 100% en ligne pour plus de rapidité.
- Renforcement des contrôles « multifonctions » : Certains radars sont capables de flasher pour plusieurs infractions consécutives : vitesse ET feu rouge, ou passage bus/piste cyclable ET non-port de la ceinture. Le cumul des contraventions est donc possible sur un seul point de contrôle.
Ainsi, la « tolérance urbaine » tend à se réduire et l’automobiliste doit intégrer le fait que se déplacer en centre-ville implique désormais d’être attentif à toute la palette du Code de la route… jusque dans les détails !
Quelles sanctions en cas d’infraction relevée ?
- Excès de vitesse en agglomération (hors récidive et circonstance aggravante) :
- Inférieur à 20 km/h (hors zone 30) : amende forfaitaire de 68€ (+ 1 point en moins)
- Inférieur à 20 km/h (zone 30) : amende forfaitaire de 135€ (+ 1 point)
- De 20 à 50 km/h au-dessus : 135€ à 375€ et jusqu’à 3 points en moins
- Franchissement de feu rouge : amende de 135€, retrait de 4 points, voire suspension de permis si récidive.
- Usage du téléphone (si détecté par radar multi-infractions) : 135€, retrait de 3 points
- Non-respect du passage piéton : 135€ et 6 points retirés.
- Circulation sur piste cyclable (hors véhicules autorisés) : 135€
Attention : ces amendes sont souvent « doublées » en cas de cumul, et les points retirés peuvent faire basculer vers l’invalidation du permis en cas de multi-infractions rapides. Les conducteurs de deux-roues motorisés et utilitaires légers, souvent visés par la digitalisation des PV, sont expressément concernés.
Comment sont signalés les radars ? Peut-on être flashé « par surprise » ?
La signalisation des radars urbains reste obligatoire en France, mais la règle évolue :
- Radars fixes (vitesse, feu) : Un panneau doit précéder la zone contrôlée. Toutefois, dans le cas des radars tourelles ou multi-infractions, un même panneau peut annoncer plusieurs dispositifs sur une longue distance, sans localisation précise.
- Radars embarqués (ou mobiles nouvelle génération) : Ils sont signalés uniquement via la présence visible du véhicule (camion banalisé, voiture de police) et parfois par un panneau temporaire.
- Cabines leurres : Souvent signalées, mais impossible de savoir à l’avance si l'appareil est actif ou pas, ce qui participe à la dissuasion générale.
Retenez que les applications d’aide à la conduite et GPS connectés restent autorisés pour signaler les « zones de danger » mais n’affichent plus, depuis 2021, la localisation exacte des radars fixes ou mobiles en temps réel.
Bonnes pratiques : comment éviter la sanction (et la mauvaise surprise)
- Adaptez systématiquement votre vitesse : Respectez les limitations affichées sur les panneaux et anticipez les abaissements (zone scolaire, travaux, centre-ville piétonisé).
- Redoublez d’attention aux intersections et passages piétons : Les contrôles automatiques se concentrent sur ces points critiques à risque.
- Faites attention aux lignes de bus et pistes cyclables : Depuis 2023, plusieurs radars urbains surveillent leur franchissement illégal, en particulier dans les grandes métropoles régionales.
- Vérifiez et entretenez votre véhicule : Un feu défectueux, une plaque illisible ou un défaut d’équipement peuvent aussi entraîner des sanctions automatiques par les radars « intelligents ».
- En cas d’avis de contravention contestable : Utilisez la procédure en ligne (site ANTAI.gouv.fr) pour déposer votre recours, joignez toute pièce justificative, et répondez dans les délais pour éviter la majoration.
Quels impacts pour les cyclistes, trottinettes et nouveaux usagers ?
Les radars urbains ne ciblent pas uniquement les automobilistes ! Désormais, certains dispositifs peuvent verbaliser les vélos ou trottinettes électriques motorisées en cas de franchissement de feux, circulation en sens interdit ou non-respect de la priorité piétonne sur les passages protégés. Les montants d’amendes sont toutefois adaptés (euros symboliques pour les vélos, plus sévères pour les engins motorisés type EDPM).
Demain : radars urbains, contrôle du bruit et innovation « made in ville »
La révolution des radars urbains ne s’arrête pas là : de nombreuses villes testent désormais le contrôle-automate du bruit (radars sonores), visant à verbaliser les véhicules trop bruyants. Les premiers dispositifs de ce genre fleurissent dans les rues de Paris, Nice, Toulouse ou Bron. Après une phase d’avertissement, la verbalisation débutera dès l’été 2024 dans les villes concernées.
Les nouvelles générations de radars sont aussi capables de mesurer la pollution générée (particules fines, CO2), pour accompagner la politique des ZFE et faire évoluer en temps réel les décisions de circulation et de sanction.
Mise en perspective : efficacité ou gadget ?
Les avis divergent sur les bénéfices des nouveaux radars urbains. Pour les autorités, le renforcement de l'automatisation est un levier puissant pour réduire le nombre de morts et blessés – une baisse notable de la mortalité piétonne et cycliste est déjà observée dans les villes à radars multiples. Pour les usagers, la crainte d’une « chasse à l’automobiliste » demeure, d’où l’importance de préserver la pédagogie et d’investir dans la signalisation, la prévention et le choix des emplacements intelligents (et non purement rentiers).
À retenir : synthèse des règles à connaître pour 2024
- La généralisation du 30 km/h en ville s’accompagne d’un doublement des radars urbains actifs.
- La marge de tolérance est réduite, en particulier en zone 30 : la verbalisaton commence dès +6 km/h réel !
- Certains radars détectent plusieurs infractions différentes simultanément, gare au cumul.
- PV et contestation : tout est désormais digitalisé, rapide et moins contestable sans justificatif sérieux.
- Les cyclistes, EDPM et piétons sont aussi concernés par certains dispositifs automatiques.
Le conseil CarnetMariage.fr : vigilance rime avec sérénité
Plus que jamais, la clé d’une expérience urbaine apaisée, c’est la vigilance : adaptez votre conduite, restez informés des nouvelles règles et zones surveillées, et ne négligez aucune infraction « mineure » qui peut désormais vous coûter cher. Pour tout savoir sur la mobilité urbaine, la sécurité routière et l’évolution des réglementations, gardez le réflexe CarnetMariage.fr. Prochains dossiers à venir : comment contester un PV radar en 2024, où trouver la carte des zones de contrôle, usages du radar sonomètre… et décryptages sans bla-bla, comme toujours !
Restez connectés à notre rubrique Sécurité routière et suivez nos alertes pratiques pour rouler malin dans la ville de demain.