Sport auto

Portraits de femmes qui font bouger le sport automobile

Par Maxime
5 minutes

Elles prennent le volant : des trajectoires qui redéfinissent la compétition

Dans un univers longtemps réservé aux hommes, des pilotes, ingénieures, cheffes d’écurie et techniciennes s’imposent et participent aujourd’hui à la mutation du sport automobile. Leurs parcours singuliers inspirent, ouvrent la voie et bousculent les codes d’une discipline en pleine (r)évolution. Lumière sur les femmes qui accélèrent le changement, sur les circuits comme en coulisses.


Des pionnières à la conquête des paddocks

La femme dans le sport auto n’est pas une découverte du XXIe siècle. Dès les débuts de l’automobile, des pilotes comme Camille du Gast ou Hélène van Zuylen signaient déjà des participations retentissantes au Paris-Madrid en 1903 ou au rallye de Monte-Carlo dans les années 1920. Mais si les pionnières ouvraient la route, les décennies suivantes allaient surtout voir un effacement de leur visibilité, la compétition automobile féminine ayant tardé à s’imposer comme une évidence.


L’irruption, dans les années 1970 et 1980, de personnalités hors normes va changer la donne. Ainsi, Michèle Mouton, d’abord reléguée au rang d’exception, prend la tête d’un panthéon renouvelé. À côté d’elle, des femmes comme Desiré Wilson, seule à s’être imposée en Formule 1 dans une manche hors championnat, ou Marie-Claude Beaumont, figure du rallye et de l’endurance, posent les bases d’une nouvelle génération ambitieuse.


Michèle Mouton : la référence mondiale du rallye

Le nom de Michèle Mouton plane en étendard sur l’histoire du rallye mondial. Née en 1951 à Grasse, elle engage sa carrière en championnat du monde dans les années 1970 et marque profondément le sport en remportant, en 1981, la première victoire féminine sur une manche WRC au San Remo au volant de l’Audi Quattro. L’année suivante, elle termine vice-championne du monde – au nez et à la barbe d’adversaires comme Walter Röhrl et Hannu Mikkola.


Son pilotage spectaculaire, sa ténacité, et sa capacité à s’imposer dans le très masculin « groupe B » font toujours référence. Désormais présidente de la Commission Women in Motorsport de la FIA, Michèle Mouton s’emploie à promouvoir les vocations féminines, invitant à dépasser le simple statut d’exception...


De l’endurance à la monoplace : les talents qui percent

L’avènement des championnats multi-genres (W Series, Extreme E) donne un nouvel élan à la visibilité des femmes en sport auto. Mais les succès viennent aussi dans les compétitions mixtes…


Simona de Silvestro : la « Iron Maiden » à contre-courant

La Suissesse Simona de Silvestro, surnommée « Iron Maiden », s’est illustrée par son audace – et sa polyvalence. Après avoir brillé en IndyCar (y compris à l’Indy 500), elle signe des débuts convaincants en Formula E et continue de batailler dans les courses d’endurance, prouvant que la force mentale, la technique et la détermination transcendent le genre.


Beitske Visser, Jamie Chadwick : la relève européenne

La Britannique Jamie Chadwick, triple championne de W Series (série exclusivement féminine), multiplie les piges sur circuits internationaux. Son rêve ? Accéder à la F1, une première depuis Lella Lombardi dans les années 1970. Sa constance, son professionnalisme et son engagement pour la démocratisation de la discipline en font déjà une ambassadrice. Sa rivale Beitske Visser (Pays-Bas), multi-vainqueur en endurance (ELMS) et GT, démontre de son côté qu’une victoire d’envergure est désormais possible pour toutes.


Une diversité de métiers : de la technique à la direction d’équipe

Le sport automobile, ce n’est pas que le pilotage. Si elles restent minoritaires, les femmes s’affichent de plus en plus dans les garages F1, les stands, les usines – et même aux manettes des plus grandes équipes…


Toto Rosso, Gwendoline Delbos, Claire Williams : leadership(s) affirmés

Longtemps, la famille Williams a incarné l’exception. Claire Williams, directrice adjointe puis vice-présidente de l’écurie éponyme, a piloté le destin de l’équipe britannique jusqu’en 2020. Elle a ouvert la voie à une féminisation progressive de la gouvernance des teams. Chez Alpine F1 ou Ferrari, des ingénieures telles que Gwendoline Delbos (simulation, télémétrie) participent désormais, à haut niveau, aux choix stratégiques de la course.


Côté technique, la présence féminine s'affirme : data engineer, mécanicienne ou chef de stand, les profils se multiplient lentement, signe d’un changement durable, même si la parité est encore loin d’être atteinte.


Et demain ? L’effet « role model » en marche

Aujourd’hui, les pilotes et expertes françaises ne sont pas en reste. Élodie Gossuin, Rallye Jeunes, Doriane Pin en endurance et karting, ou encore Lilou Wadoux (brillante au Mans) incarnent cette nouvelle génération tricolore affranchie des carcans. Les fédérations multiplient les programmes de découverte et de sélection, comme le Trophée Rose des Sables ou la Girls on Track de la FIA, avec des résultats concrets :


  • Une augmentation de la part des femmes licenciées dans les fédérations sportives automobiles.
  • Des écoles de pilotage qui ouvrent (enfin) largement leurs portes.
  • Des médias qui relaient plus activement les exploits et initiatives féminines.

Si aucune pilote ne figure (encore) de manière permanente sur les grilles de Formule 1, les mentalités évoluent. Les sponsors s’engagent, à l’image de la nouvelle F1 Academy lancée en 2023 et dédiée à l’éclosion de jeunes talents féminins.


Au-delà du symbole : un enjeu d’avenir pour la discipline

L’enjeu n’est pas qu’une question d’image. Pour rester innovant et attractif, le sport automobile se doit d’être ouvert. Cette diversité favorise l’émulation, la créativité et l’inclusion, autant côté technique qu’au volant. Intégrer plus de femmes, c’est aussi offrir aux jeunes générations des modèles de réussite et briser des stéréotypes tenaces : « Non, le sport auto n’est pas réservé aux garçons passionnés de mécanique ».


Pour les écuries, les universités, les organisateurs d’évènements et les manufacturiers, miser sur la mixité devient un marqueur d’engagement et de modernité. Les nouvelles mobilités et l’écoresponsabilité, chères aux jeunes pilotes, donnent encore plus de sens à cette évolution. Voilà pourquoi les portraits de femmes qui font bouger le sport automobile sont aujourd’hui plus essentiels que jamais.


Portraits express : qui sont-elles ?

  • Michèle Mouton (France) – Rallye, figure mondiale, 4 victoires en WRC.
  • Simona de Silvestro (Suisse) – IndyCar, Formula E, endurance.
  • Jamie Chadwick (Royaume-Uni) – W Series, pilotes de développement Williams.
  • Beitske Visser (Pays-Bas) – Endurance ELMS, GT.
  • Claire Williams (Royaume-Uni) – Direction d’écurie F1.
  • Doriane Pin (France) – Endurance, karting, Ferrari Challenge.
  • Lilou Wadoux (France) – 24h du Mans, FIA WEC.
  • Gwendoline Delbos (France) – Ingénieure, Alpine F1.

La rédaction de CarnetMariage.fr salue la dynamique : une trajectoire à suivre

Pour les futures championnes ou techniciennes, l’horizon s’éclaircit. Le sport auto, tel que nous l’observons à la rédaction, accélère sa mue. À travers ces portraits de femmes d’action, c’est toute une génération qui entre dans la légende – non pas par la force du symbole, mais par le mérite, la compétence et la passion.


Chez CarnetMariage.fr, nous continuons de suivre ces trajectoires, pour donner aux lecteurs et lectrices la meilleure vision possible de demain : celle d’une compétition plus juste, vivante, et… accessible à tous.tes !

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