Sécurité routière

Réagir face aux animaux sur la chaussée : les bons réflexes à adopter

Par Maxime
5 minutes

Des rencontres inattendues : quand un animal traverse la route

Que l’on habite à la campagne ou aux abords d’une grande agglomération, il arrive fréquemment de croiser des animaux sur la chaussée. Chevreuils, sangliers, chiens, chats, mais aussi oiseaux, hérissons ou même troupeaux d’élevage : ces rencontres sont très variées et parfois dangereuses. Chaque année, des milliers d’automobilistes sont confrontés à ces situations qui mettent à l’épreuve leur capacité de réaction et leur vigilance au volant.


Pourquoi la faune s'invite sur nos routes ?

Les routes françaises traversent forêts, campagnes et zones urbaines, avec pour trait commun d’être des couloirs utilisés ou coupés par les déplacements d’animaux. Plusieurs raisons expliquent la présence accrue de la faune sur la chaussée :

  • Morcellement et fragmentation de leurs habitats, rendant les traversées incontournables ;
  • Recherche de nourriture ou d’eau, y compris dans les zones urbaines, surtout la nuit ;
  • Périodes de migration pour certaines espèces comme les amphibiens ou les oiseaux ;
  • Chasses, travaux agricoles ou perturbations qui effraient et déplacent durablement les animaux ;
  • Manque de dispositifs de franchissement adaptés: peu de passages souterrains ou de barrières repousse-animaux.

Quels animaux risque-t-on de croiser ?

Tout dépend de la région, de l’environnement, et de l’heure. Tour d’horizon :

  • Grand gibier : sangliers, chevreuils, cerfs et daims surtout en lisières de forêts, mais parfois jusque dans des zones périurbaines ;
  • Petit gibier et rongeurs : renards, blaireaux, lapins, hérissons, taupes ;
  • Animaux domestiques : chiens, chats, chevaux, vaches ou moutons échappés ;
  • Oiseaux : pigeons, corbeaux, rapaces, canards, parfois en vol rasant ou lorsqu’ils picorent sur la chaussée ;
  • Espèces protégées comme certains amphibiens ou reptiles notamment au printemps et à l’automne.

Certaines régions sont particulièrement exposées, comme les massifs forestiers de l’Est, du Centre et du Sud-Ouest pour les gros gibiers, ou la Bretagne et la Normandie pour les traversées de crapauds et grenouilles.


Signaux d’alerte : repérer les zones à risque

Prêter attention aux panneaux de signalisation spécifiques est le premier réflexe à adopter. En France, deux panneaux principaux préviennent d’un risque de traversée d’animaux : panneau « passage d’animaux sauvages » (sanglier, chevreuil stylisé), et panneau qui signale une zone de pâturage ou de traversée domestique (vache, mouton, cheval). Ils ne sont jamais apposés au hasard : leur présence signale une vraie dangerosité, surtout à l’approche du crépuscule ou à l’aube, moments où les animaux sont les plus actifs.


Bons réflexes face à un animal sur la route

En cas de rencontre d’un animal sur la voie, voici la marche à suivre pour éviter le pire :

  • Ralentir et rester maître de son véhicule dès la vue d’un animal ou d’un panneau de signalisation ;
  • Ne pas klaxonner brutalement (sauf urgence absolue), pour ne pas effrayer un groupe et risquer une réaction imprévisible ;
  • Si la route est dégagée derrière vous, freiner modérément et allumer vos feux de détresse ;
  • Garder le cap : dévier brutalement et sortir de la chaussée peut causer une perte de contrôle bien plus dangereuse que la collision avec un petit animal ;
  • Être attentif aux « suiveurs » (un animal isolé est souvent suivi par d’autres, en particulier pour les sangliers ou les chevreuils) ;
  • Redoubler d’attention la nuit, au sortir de virages serrés, à l’entrée d’un sous-bois ou sur des départementales isolées.

Après l’incident : quelles démarches ?

Si malgré vos précautions un choc survient, il ne faut jamais prendre la fuite. Voici les étapes à respecter :

  • Se garer en sécurité, activer les feux de détresse et, si possible, sécuriser la zone avec un triangle de présignalisation.
  • Ne pas approcher un animal sauvage blessé : il peut être dangereux (griffes, morsures) et transmettre des maladies. Prévenez les secours (pompiers, gendarmerie, fédération de chasse locale) qui prendront le relais.
  • Si des dégâts matériels sont constatés (sur le véhicule), prendre des photos et noter les circonstances précises du choc (heure, lieu, sens de la circulation, conditions météo).
  • Déclarer le sinistre à votre assurance dans les 5 jours ouvrés : la collision avec un animal sauvage est un cas spécifique souvent couvert par la garantie « tous risques » ou « dommages collisions », sous réserve de preuves claires.

L’assurance : êtes-vous bien protégé ?

En France, les dommages matériels occasionnés par une collision avec un animal sauvage ne sont couverts que si vous avez souscrit la garantie ad hoc. Avec une formule « tous risques », les réparations de la carrosserie, phare ou pare-brise sont remboursées, en déduction d’une franchise. La garantie « tiers simple » ne couvre généralement que la responsabilité civile ; veillez à bien vérifier votre contrat, surtout si vous roulez fréquemment sur des routes rurales ou forestières.


Que dit la loi ?

En cas de collision avec un animal sauvage (non domestiqué), votre responsabilité n’est généralement pas engagée. En revanche, avec un animal domestique (chien, vache, mouton...), c’est le propriétaire de l’animal qui est tenu responsable, sauf preuve de votre faute (excès de vitesse, comportement imprudent). Il conviendra alors de remplir un constat amiable et de collecter toutes les informations nécessaires auprès du propriétaire.


Prévenir plutôt que guérir : astuces pour minimiser le risque

  • Adaptez votre vitesse au contexte : soyez particulièrement vigilant à l’aube et au crépuscule, périodes d’intense activité animale.
  • Scrutez les bas-côtés : une masse sombre ou un mouvement rapide peut signaler la présence d’un animal prêt à s’engager sur la chaussée.
  • Limitez l’usage des pleins phares si vous soupçonnez une traversée : ébloui, un animal s’arrête net au lieu de fuir.
  • Utilisez les dispositifs répulsifs : certains accessoires (sifflets à ultrason, bandes réfléchissantes) sont disponibles, avec une efficacité variable selon les espèces.
  • Respectez les limitations de vitesse signalétiques, souvent abaissées pour prévenir les collisions avec la faune locale.

À noter : dans certaines régions, des aménagements routiers innovants (passages à faune, filets anti-intrusion, tunnels sous la chaussée) sont en place. Leur efficacité repose sur le respect, par les conducteurs, des consignes de prudence affichées.


Cas concrets et témoignages

Martine, conductrice dans le Morvan : « Je rentrais la nuit et j’ai freiné à temps en voyant une biche traverser. Un deuxième animal a surgi juste derrière – à deux secondes près, le choc était inévitable. Depuis, je roule systématiquement moins vite à la tombée du jour. »


Jérôme, livreur aux abords de la forêt de Rambouillet : « Même en pleine ville, je vois régulièrement des sangliers en divagation dès minuit. Mon assurance m’a conseillé de rajouter l’option “dommages tous accidents” pour rouler l’esprit plus tranquille. »


Animaux blessés ou morts : que faire ?

Si vous découvrez un animal inanimé sur la chaussée sans avoir causé d’accident, alertez la mairie, la DDT (Direction Départementale des Territoires), ou la fédération locale de chasse. Pour les espèces protégées ou non chassables (hérissons, amphibiens…), tournez-vous vers des associations comme la LPO, la Ligue de Protection des Oiseaux, ou le réseau local de soin à la faune sauvage. En aucun cas, ne transportez un animal blessé sans autorisation : cela peut être dangereux et, selon l’espèce, illégal.


La technologie joue-t-elle un rôle ?

Des applications mobiles permettent aujourd’hui de signaler les animaux morts repérés sur la route – information relayée auprès des gestionnaires routiers pour intervention. En Norvège ou en Suisse, des systèmes d’alerte expérimentaux (panneaux lumineux, détection par infrarouge ou IA) sont en phase de test pour avertir les conducteurs en temps réel lors de la présence d’animaux à proximité immédiate.


En bref : mieux vaut anticiper que subir

Croiser la route d’un animal est une expérience stressante mais prévisible – et surtout évitable dans une majorité de cas en adoptant de bons réflexes. Lecture attentive de la signalisation, adaptation de la vitesse, vigilance accrue sur les routes à risques et connaissance des procédures après incident : autant d’atouts pour faire face avec calme et responsabilité.


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