Casque et trottinette électrique : ce que dit la loi aujourd’hui
Les trottinettes électriques ont envahi les villes françaises à une vitesse impressionnante, séduisant par leur côté pratique, économique et écologique. Pourtant, leur utilisation n’est pas sans risques : les accidents impliquant ces engins de mobilité personnelle (EDPM) ne cessent d’augmenter, posant la question centrale de la protection des utilisateurs, à commencer par le port du casque.
Actuellement, le port du casque n’est pas obligatoire pour tous sur une trottinette électrique. La réglementation distingue selon l’âge et le type de voie :
- Pour les majeurs : le casque est fortement recommandé, mais non imposé par la loi.
- Pour les mineurs de moins de 12 ans : le port du casque est obligatoire, même en tant que passager ou conducteur sur la voie publique.
- Sur chaussée, pistes cyclables et zones piétonnes : même distinction, mais la recommandation s’étend à tous les usagers du fait de l’exposition aux autres véhicules à moteur.
À noter que certaines villes ou loueurs imposent leur propre règle et intègrent un casque fourni ou imposent de le porter sous peine de non-location.
Pourquoi une telle prudence sur le casque ? Les risques réels à trottinette électrique
La facilité d’utilisation et la légèreté des trottinettes font parfois oublier qu’elles peuvent atteindre 20 à 25 km/h (voire plus pour certains modèles débridés ou privés) et n’offrent aucune protection en cas de chute ou de collision avec un véhicule. D’après le rapport annuel de la Sécurité routière, les accidents de trottinette connaissent une forte croissance : en 2023, plus de 740 blessés graves (dont un tiers d’atteintes à la tête) et, hélas, plusieurs décès.
Le casque, même non obligatoire, est donc le premier élément limitant les risques de traumatisme cranien, principal danger lors :
- Des virages brusques, chutes sur les mains/des genoux/des poignets (souvent tôt le matin ou par temps humide) ;
- Des collisions avec un vélo, une voiture voire un autre piéton ;
- Des événements imprévisibles (portes s’ouvrant sur la chaussée, nid-de-poule, chaussée glissante)
Il existe de nombreux modèles de casques adaptés aux trottinettes électriques, qu’ils soient inspirés de ceux pour vélo, skate ou spécialement conçus (avec lumière intégrée, visibilité renforcée, etc.).
Le point sur la responsabilité en cas d’accident – assurance et prise en charge
Si le port du casque n’est pas obligatoire pour tous, il influe malgré tout sur la responsabilité en cas d’accident. Lors d’un sinistre avec blessure à la tête :
- Si la victime est un enfant de moins de 12 ans sans casque, la responsabilité des parents ou tuteur peut être engagée pour non-respect de la loi. Les assurances peuvent partiellement limiter la prise en charge ou opposer une franchise majorée/une exclusion de garantie.
- Chez l’adulte, si le casque était conseillé mais non porté lors du choc, l’assureur ne peut en théorie refuser l’indemnisation, sauf mention contraire au contrat. Toutefois, en cas de faute lourde (notamment conduite dangereuse, usage d’un modèle non homologué, accident sous l’emprise d’alcool), la garantie peut être réduite.
D’une manière générale, un casque porté lors du sinistre montre la recherche de précaution et évite bien des litiges, surtout s’il s’agit d’un modèle homologué CE adapté à la morphologie.
Enjeux sociétaux et débats publics : vers une obligation pour tous ?
La question de la généralisation du port du casque revient régulièrement dans l’actualité. Plusieurs villes françaises et pays voisins (Allemagne, Espagne, Italie sur certaines routes) ont instauré l’obligation du casque pour tous les usagers d’EDPM.
Les arguments avancés par les partisans de cette mesure :
- Diminution du nombre et de la gravité des blessures craniennes : de nombreuses études montrent une réduction significative du risque de traumatisme cranio-cérébral avec casque (estimée entre -30 et -60 % selon la cinétique et l’âge).
- Effet d’exemplarité pour les jeunes usagers : l’obligation du casque deviendrait une norme sociale et inciterait les enfants, souvent moins prudents, à s’équiper naturellement.
- Alignement avec la sécurité routière des cyclistes : unifier casque à vélo et trottinette pour prévenir toute confusion sur la voie publique.
Du côté des opposants, on craint surtout :
- La baisse d’attractivité de la trottinette (usage spontanné, liberté, équivalent à une marche rapide en ville)
- Des questions de logistique (où stocker le casque, le prêter en location, l’assurer en cas de vol, etc.)
- Un risque de déresponsabilisation face aux autres causes d’accident (non-respect du code de la route, vitesse, conduite sur les trottoirs, téléphone au guidon, absence de lumières ou de gilet la nuit)
Qu’en disent les experts : conseils pour une pratique plus séreine
- Priorité à la prudence : un casque homologué (norme EN 1078 pour la plupart des engins légers) limite lourdement la gravité des conséquences d’un accident.
- L’équipement complémentaire n’est pas à négliger : gants, gilet ou brassard réfléchissant, éclairage renforcé – autant d’atouts face à l’imprévu.
- Respect scrupuleux du code de la route : comme pour les vélos, la circulation sur trottoir est interdite sauf signalétique locale, passage pour piétons à vitesse réduite obligatoire, arrêt complet aux intersections.
- Contrôle de l’état de la trottinette : usure des pneus, freinage, système d’allumage électrique, vigilance accrue sous la pluie ou le verglas.
L’idéal? Associer casque et conduite responsable. D’autant que les assureurs, de plus en plus, proposent des tarifs préférentiels ou des options « bonus sécurité » aux conducteurs attestant de l’usage systématique d’un casque.
Focus pratique : bien choisir son casque pour trottinette électrique
Quelques éléments-clés pour être bien équipé :
- Homologation : préférez un casque affichant la norme CE EN 1078 (vélo, trottinette, skate). Certains casques urbains offrent aussi la norme ASTM F1492 (pour le skate et trottinettes sportives).
- Confort et poids : un casque léger améliore l’adhérence à long terme. Sangles ajustables, mousse intérieure amovible et ventilation sont primordiaux.
- Visibilité et accessoires : présence de bandes réfléchissantes, lumières LED intégrées, mentonnière renforcée (utile pour les engins rapides).
- Taille : essayage impératif, la taille devant être ajustée à la tête sans pression excessive pour conserver le confort (vérifier la molette de réglage).
- Remplacement régulier : après un choc ou tous les 5 ans, même sans impact visible.
Conclusion : casque et trottinette, un duo bientôt indissociable ?
L’usage de la trottinette électrique va continuer à grandir dans nos villes. Même si la loi laisse aujourd’hui le choix du casque aux adultes, la réalité du terrain montre qu’il reste le meilleur allié de votre sécurité : simple, efficace, adaptable à tous les budgets. L’enjeu de demain ne sera peut-être pas seulement juridique, mais aussi culturel : s’équiper en casque, gants ou lumières doit devenir un réflexe, comme l’attache de la ceinture en voiture.
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