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Comment différencier les types de liquides de refroidissement pour votre moteur

Par Maxime
5 minutes

Choisir le bon liquide de refroidissement : comprendre les différences essentielles


Si on entend souvent qu’il faut surveiller le niveau de « liquide de refroidissement » sous le capot, sait-on vraiment ce qui se cache derrière ce produit coloré et indispensable au moteur ? Au-delà du simple appoint, utiliser le mauvais type de liquide peut provoquer des pannes coûteuses, accélérer la corrosion interne ou même conduire à une casse moteur. Aujourd’hui, zoom pratique sur les différents types de liquides de refroidissement, leurs caractéristiques techniques, leur compatibilité et les conseils pour faire le bon choix selon votre véhicule. Précis et sans bla-bla, comme toujours sur carnetmariage.fr !


Le rôle du liquide de refroidissement : plus qu’un simple antigel


Le liquide de refroidissement (aussi appelé « antigel » dans le langage courant) remplit plusieurs missions vitales sous le capot :

  • Maintien de la température optimale du moteur : il absorbe l’excédent de chaleur généré par la combustion.
  • Protection contre le gel : évite l’éclatement des pièces moteurs lors des basses températures.
  • Prévention de la corrosion et des dépôts : protège les métaux (aluminium, fonte, cuivre) et limite les boues.

Mais pour être efficace et durable, il faut choisir un liquide compatible avec le moteur… et c’est là que les nuances commencent !


Les grandes familles de liquides de refroidissement


Sur l’étiquette ou dans le carnet d’entretien, vous trouverez différentes « catégories », souvent signalées par un code couleur ou un sigle technique. À retenir principalement :

  • Liquide minéral (IAT, Inorganic Acid Technology)
  • Liquide organique (OAT, Organic Acid Technology)
  • Liquide hybride (HOAT, Hybrid OAT)
  • Spécialités constructeurs (notamment pour certaines marques récentes)

Voyons plus en détail ce qui les distingue.


Les liquides minéraux (IAT) : la solution « ancienne école »


Présents depuis des décennies, ces liquides sont formulés à base de glycol (éthylène glycol ou propylène glycol) additionné d’inhibiteurs de corrosion minéraux : silicates, phosphates et borates. Ils sont généralement teintés en bleu ou vert.

  • Utilisation typique : moteurs anciens (avant 1995)
  • Avantage : excellente protection immédiate contre la corrosion, compatible avec tous les types de métaux classiques
  • Limite : durée de vie courte (2 à 3 ans), tendance à former des dépôts avec le temps

Astuce : évitez de mélanger un liquide minéral avec un organique sous peine de perte d’efficacité protectrice.


Les liquides organiques (OAT) : l’ère de la longévité


Les formules à technologie organique (OAT) ont apparu dès les années 1990 avec le développement de moteurs en aluminium et de réseaux de refroidissement complexes. Ils sont colorés en rose, rouge, orange ou violet.

  • Utilisation typique : véhicules modernes (majorité après 1995)
  • Avantage : durent plus de 5 ans ou 250 000 km, moins de dépôts, excellente stabilité thermique
  • Limite : action retardée, à éviter sur moteurs très anciens car moins adaptés à certains alliages

Ce type repose sur des additifs organiques (acides carboxyliques) qui protègent sélectivement les surfaces touchées par la corrosion, tout en épargnant le reste du système.


Les liquides hybrides (HOAT, Si-OAT et consorts) : le meilleur des deux mondes


Pour répondre aux exigences des moteurs européens récents, les constructeurs ont élaboré des hybrides mêlant protection rapide (minérale) et longévité (organique). Ils peuvent être colorés en jaune, bleu-vert, turquoise selon les marques.

  • Utilisation typique : véhicules européens des années 2000 à aujourd’hui
  • Avantage : compatibilité élargie, protection multi-métaux, durée de vie allongée (4-5 ans)
  • Limite : chaque constructeur spécifie son type d’additif (G12, G12+, G13 chez Volkswagen/Audi, par exemple)

Les références spécifiques constructeurs


Attention, certaines marques (Renault, Ford, Mercedes, etc.) imposent leur propre cahier des charges pour des moteurs ou circuits très pointus (anti-cavitation, températures élevées, moteurs hybrides). Seule solution : acheter la référence citée dans le carnet d’entretien et fuir les génériques sans homologation.


Ne prenez pas à la légère l’usage d’un produit « universel » : il est conseillé uniquement lorsque le fabricant l’a clairement autorisé pour votre véhicule.


La lecture du code couleur : fiable ou piégeuse ?


Le réflexe courant consiste à se repérer à la couleur du liquide. Pourtant, cette règle est de moins en moins fiable, car les fabricants changent de teinte pour des raisons de marketing ou selon les normes. Un liquide rose peut ainsi être soit un OAT, soit un Si-OAT, soit un OAT « long life » !


Le conseil : toujours décrypter l’étiquette et vérifier la norme internationale (NF, ASTM, BS, G11, G12, G13...) et – surtout – la préconisation constructeur.


Peut-on mélanger plusieurs liquides de refroidissement ?


La réponse est globalement non, sauf pour certaines catégories d'hybrides homologués par le constructeur. Un mélange malheureux entraîne :

  • Risque de formation de dépôts ou gelées, bouchant canalisations et radiateur
  • Perte des propriétés antigel et anti-corrosion
  • Annulation possible de la garantie constructeur en cas d’incident grave

En cas de doute ou lors d’un appoint successif, il est recommandé de vidanger l’ensemble du circuit pour repartir avec un produit unique, conforme à la préconisation d’origine.


Lire son carnet d’entretien : la règle d’or pour choisir


L’information sûre, c’est celle fournie par le constructeur dans la documentation de bord. Chaque modèle spécifie :

  • Le type de liquide (IAT, OAT, HOAT...)
  • La norme précise (ex : VW G12+, Renault Type D, PSA B71 5110...)
  • La quantité totale à prévoir en cas de vidange

N’hésitez pas à montrer la notice d’entretien à votre vendeur ou lors de l’achat en centre auto.


Quand et comment remplacer le liquide de refroidissement ?


La périodicité dépend du type de liquide utilisé :

  • Liquide minéral (IAT) : tous les 2-3 ans ou 40 000 à 60 000 km
  • Liquide organique (OAT) : tous les 5 ans ou 120 000 à 250 000 km
  • Hybride (HOAT) : tous les 4-5 ans ou selon préconisation

Astuce entretien : surveillez la couleur et la limpidité du liquide : s’il devient marron, trouble ou laisse apparaître des particules, c’est signe qu’il faut renouveler l’ensemble du circuit.


Focus : liquide de refroidissement et technologies récentes


Avec l’essor des véhicules électriques, hybrides ou dotés de turbos sophistiqués, la question du bon liquide ne cesse de gagner en importance. Certains moteurs contiennent deux ou trois circuits séparés (moteur, batterie, système de chauffage), chacun nécessitant, parfois, un liquide spécifique. L’erreur de remplissage peut occasionner des dommages coûteux ou des alarmes électroniques. Raison de plus pour ne jamais « improviser ».


Conseils pratiques pour éviter toute erreur


  • Lisez toujours l’étiquette : recherchez la norme et la compatibilité sur le flacon.
  • Évitez le simple repérage par couleur : demandez conseil en magasin, fournissez la carte grise si besoin.
  • Ne mélangez pas des liquides aux additifs différents.
  • Prévoyez un appoint avec le même produit si le circuit n’est pas vidangé.
  • En cas de doute, faites réaliser un test antigel et anti-corrosion en atelier.

En synthèse : choisir en toute tranquillité


Le bon liquide de refroidissement, c’est avant tout celui qui respecte la mécanique de votre voiture et les prescriptions constructeur, bien plus que la couleur du bidon. Mieux vaut prendre le temps de vérifier une référence technique que de risquer le mauvais mélange.
Opter pour le bon produit, c’est protéger son moteur, prévenir l’usure prématurée du système – et s’éviter des soucis inutiles lors du prochain contrôle technique.

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