Électrique & hybride

Impact environnemental : l’électrique face à l’hybride

Par Maxime
2 minutes

Voiture électrique ou hybride : quel impact sur l’environnement ?


La transition vers une mobilité plus propre occupe désormais une place centrale dans le débat public et au cœur des choix des automobilistes français. Face aux impératifs climatiques, de plus en plus de conducteurs s’interrogent : faut-il passer à l’électrique ou privilégier l’hybride ? Si l’une promet zéro émission à l’usage, l’autre entend concilier sobriété et praticité en limitant partiellement la dépendance au carburant fossile. Mais au-delà des slogans commerciaux, qu’en est-il vraiment de leur impact environnemental ? Notre rédaction fait le point sans langue de bois.


Production des véhicules : la face cachée du progrès


Avant de rouler propre, une voiture neuve doit d’abord être construite. C’est là que commencent les premiers arbitrages environnementaux. La fabrication d’une voiture électrique nécessite une quantité importante de matériaux, notamment pour la batterie lithium-ion. Celle-ci mobilise du lithium, du cobalt, du nickel et du cuivre — dont l’extraction et le raffinage pèsent lourd sur l’empreinte écologique : consommation d’eau, pollution des sols, émissions de CO2 et conditions de travail parfois contestées.
Une hybride, qu’elle soit classique ou rechargeable, est équipée à la fois d’un moteur thermique et d’une (plus petite) batterie ainsi que d’un moteur électrique. La fabrication d’un modèle hybride engendre donc une empreinte supérieure à celle d’une voiture essence traditionnelle, mais généralement inférieure à celle d’une full électrique équipée d’une grosse batterie.
Selon l’Agence de la transition écologique (ADEME), la production d’une voiture électrique génère en moyenne 2 à 3 fois plus de CO2 qu’une thermique — essentiellement à cause de la batterie.
Pour les hybrides rechargeables, le bilan carbone à la production est intermédiaire : la batterie est plus petite (généralement 7 à 18 kWh, contre 40 à 80 kWh pour une électrique dédiée), mais la présence d’un moteur thermique ajoute de la complexité.


Bilan à l’usage : avantages et limites de chaque technologie


C’est au fil des kilomètres que l’intérêt de l’électrique face à l’hybride se démarque. Une fois en circulation, les voitures 100% électriques ne produisent aucune émission directe de CO2, ni de particules fines à l’échappement. Pour un usage urbain ou périurbain (arrêts fréquents, vitesse réduite), c’est aujourd’hui la solution la plus vertueuse à l’échelle locale. Elle bénéficie des zones à faibles émissions (ZFE), de la vignette Crit’Air 0, et d’un silence de fonctionnement inégalé.
Les hybrides simples (non rechargeables) switchent automatiquement entre thermique et électrique pour réduire la consommation moyenne, particulièrement en ville. Ils offrent un gain de 15 à 25% de CO2 par rapport à un essence équivalent. Mais ils roulent rarement – et jamais longtemps – en tout électrique.
L’hybride rechargeable (PHEV) tente d’allier le meilleur des deux mondes. Avec une batterie permettant 40 à 80 km d’autonomie électrique réelle, ce type de véhicule devient pertinent si et seulement si l’on recharge régulièrement (tous les jours ou presque). Jusqu’à 50 km quotidiens, un PHEV utilisé en mode électrique peut atteindre des émissions spectaculaires (<30g CO2/km) selon le cycle WLTP européen. Mais dès que la batterie est vide ou que les trajets s’allongent, le moteur thermique assure la relève — avec une consommation qui grimpe vite.


Électricité ou essence : la face cachée de ce qui alimente nos voitures


L’impact environnemental ne dépend pas que de la voiture, mais aussi de l’énergie qui la fait avancer.
En France, où le mix électrique reste dominé par le nucléaire et les énergies renouvelables, recharger une électrique engendre peu d’émissions indirectes (environ 15 à 70g CO2/kWh selon l’heure et la saison). Ainsi, sur tout son cycle de vie, une voiture électrique française affiche un bilan CO2 nettement inférieur, dès 30 000 à 50 000 km parcourus, par rapport à une thermique classique.
L’hybride rechargeable, lui, est d’autant plus « vert » qu’il est rechargé à une source basse émission : si la recharge s’effectue via du charbon (cas d’autres pays européens), l’intérêt chute. De plus, une habitude fréquente (ou dans les flottes d’entreprises) consiste à ne pas brancher la voiture : dans ce cas, un poids supérieur et des moteurs parfois sous-dimensionnés mènent à surconsommer… et polluer plus qu’une essence simple !


L’impact des batteries : recyclage et seconde vie


Un des points cruciaux du débat demeure la fin de vie des batteries lithium-ion. Bonne nouvelle : les procédés de recyclage progressent en Europe, permettant d’atteindre des taux de récupération de plus de 80% sur certains composants (lithium, cobalt, nickel). Les filières de « seconde vie » se multiplient : batteries d’anciens véhicules transformées en stockages stationnaires d’énergie pour tamponner le réseau.
Reste la question de l’impact du transport et du traitement : aujourd’hui, la majorité du lithium vient d’Amérique du Sud, du cobalt d’Afrique centrale, tandis que le raffinage est majoritairement chinois. La transition vers une autonomie européenne de la filière (mines, raffinage, gigafactories) est en cours mais pas encore achevée.
L’hybride rechargeable, avec sa batterie deux à quatre fois plus petite que l’électrique pure, allège ce bilan… mais devra elle aussi passer par la case recyclage en fin de vie.


Poussières, particules et nuisances : pas que le CO2


L’absence d’émissions à l’échappement ne signifie pas « zéro pollution ». Les électriques et hybrides rejettent, comme tous véhicules routiers, des particules liées à l’abrasion des pneus et des freins. D’ailleurs, le surpoids des modèles électrifiés (souvent 150 à 400 kg de plus qu’une essence équivalente) conduit à majorer ces émissions de particules fines malgré le freinage régénératif.
Par ailleurs, la question des nuisances sonores est aussi un atout à considérer : plus silencieuses, les électriques diminuent significativement la pollution sonore urbaine, là où les motorisations thermiques restent bruyantes, même hybrides.


Facteur d’usage : le bon choix dépend du conducteur


Sur le papier, la voiture électrique surclasse l’hybride rechargeable à condition de répondre à certains critères :

  • Accès à une borne de recharge à domicile ou sur le lieu de travail ;
  • Kilométrage quotidien inférieur à l’autonomie réelle de la batterie ;
  • Acceptation des temps de recharge et d’un éventuel compromis sur la polyvalence des longs trajets.

L’hybride rechargeable pourra convenir à ceux qui alternent trajets urbains (batterie pleine et usage électricité) et voyages occasionnels plus longs. Mais son bilan environnemental n’a de sens que si la discipline de recharge est scrupuleusement suivie.
Dans le cas contraire, une hybride non branchée, ou rarement rechargée, émet autant sinon plus qu’une pure thermique. À l’inverse, une électrique utilisée sur des trajets très longs sans accès à la recharge rapide perd une grande part de sa pertinence écologique (surtout si la recharge se fait via un mix électrique carboné).


Tableau de synthèse : forces et faiblesses


  • Électrique :
    + Zéro émission directe, bilan CO2 très favorable en France, silence, coûts d’usage réduits, faible entretien.
    – Empreinte carbone élevée à la production (batterie), dépendance aux métaux critiques, autonomie limitée et temps de recharge parfois contraignants.
  • Hybride rechargeable :
    + Polyvalence, trajets quotidiens zéro émission possible, autonomie globale identique à une thermique.
    – Bilan carbone variable selon discipline de recharge, surpoids, coût d’achat plus élevé, moteur thermique à entretenir (consommation dès que la batterie est vide).

Quel avenir pour la mobilité individuelle plus propre ?


L’électrification du parc automobile gravite autour de multiples paramètres : progrès des batteries (performance, recyclabilité), développement d’un réseau de recharge dense et alimentation électrique décarbonée. Si la voiture électrique représente aujourd’hui la meilleure option pour décarboner les déplacements en zone urbaine – et demain périurbaine –, elle ne répond pas encore à tous les besoins du marché français.
L’hybride rechargeable, pour sa part, se retrouvera sans doute cantonnée à une période de transition, en attendant un accès démocratisé à l’électrique pur. L’étape suivante : faire converger la production, l’usage et la fin de vie vers une « neutralité environnementale » véritable.


À retenir : choisir patiemment, en conscience


Le match électrique – hybride n’a pas de vainqueur absolu. Le choix optimal dépend de votre usage, de votre rythme de vie et de vos possibilités d’accès à la recharge. Rouler propre, c’est d’abord rouler adapté. Avant de changer, posez-vous ces questions : combien de kilomètres faites-vous chaque jour ? Avez-vous la capacité de recharger facilement ? Pouvez-vous moduler la fréquence de vos longs trajets ?
Une voiture électrique exploitée à son juste usage se révèle actuellement la plus efficiente pour l’environnement – à condition d’être alimentée proprement et recyclée soigneusement. L’hybride rechargeable, quant à lui, ne tient ses promesses écologiques qu’avec une discipline de recharge constante.
Dans tous les cas, la clef reste la sobriété : réduire les kilomètres superflus, limiter son empreinte à la source… et choisir une mobilité en phase avec son quotidien.


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