En concession : comprendre et réduire la facture des frais annexes
Signer pour une voiture neuve ou d’occasion en concession marque souvent l’aboutissement d’une longue recherche. Si la négociation du prix du véhicule est un réflexe pour de nombreux acheteurs, la bataille ne s’arrête pas là : frais de mise en service, immatriculation, services additionnels… Lors de la signature, divers frais annexes peuvent vite faire grimper la note finale. Savoir les identifier, les remettre en question et les négocier permet souvent d’économiser plusieurs centaines d’euros. Mode d’emploi pratico-pratique pour conserver la main lors de votre prochain achat auto.
Identifier les frais annexes : tour d’horizon
Avant toute négociation, il est crucial de bien comprendre ce qui se cache sous l’intitulé « frais annexes » sur votre bon de commande. Les plus courants sont :
- Frais de mise à la route : préparation du véhicule, plein de carburant, vérification des niveaux, pose des plaques, nettoyage avant livraison.
- Frais d’immatriculation : coût de la carte grise, taxes liées à l’immatriculation, pose des plaques définitives.
- Frais de dossier ou d’administration : gestion des formalités par la concession, parfois pour un financement ou une extension de garantie.
- Prestations additionnelles : gravage des vitres, packs entretien, produits génériques (tapis sol, triangle, gilet jaune, etc.), forfaits « protection ».
- Assurance et extension de garantie : parfois proposées d’office sans que l’acheteur en ait pleinement conscience.
Chacun de ces postes peut être négocié ou, selon le cas, refusé.
Lecture critique du bon de commande : la base de la négociation
Un bon de commande détaillé est indispensable. Avant toute signature, demandez le détail complet de chaque poste tarifaire, même (et surtout) si une partie du montant est incluse dans le prix affiché. Privilégiez un échange ouvert avec le vendeur : « À quoi correspondent exactement ces 390 € de frais de mise à la route ? Peut-on en retirer une partie ? » Un vendeur qui reste évasif ou refuse d’expliquer chaque ligne laisse envisager des marges de manœuvre pour la négociation.
Frais parfois obligatoires… ou pas
Certaines prestations sont inévitables, d’autres parfaitement optionnelles. Par exemple :
- L’immatriculation : le prix du certificat d’immatriculation (carte grise) dépend de la région, du type de véhicule et de ses émissions de CO2. Ce montant réglementé n’est pas négociable. En revanche, les frais de dossier pour la gestion administrative par la concession (50 à 150 €) peuvent l’être ou être évités si vous effectuez les démarches vous-même.
- Mise à la route : il s’agit d’une prestation interne (lavage, contrôle, carburant). Pour un véhicule neuf, ce montant peut facilement osciller entre 150 et 400 €, parfois plus pour une occasion. Certains concessions annoncent la « mise à la route offerte » lors d’opérations spéciales ; réclamez-la systématiquement ou au minimum, une remise équivalente.
- Services additionnels : gravage antivol des vitres, packs accessoires ou produits d’entretien inclus d’office ? Demandez si vous pouvez refuser ces options ou qu’on les retire du contrat avant signature.
Argumenter efficacement : la méthode gagnante
Pour parvenir à des réductions concrètes, quelques arguments solides font la différence :
- Comparer avec la concurrence : n’hésitez pas à opposer un devis concurrent moins cher (ou mention « frais offerts »), même pour un modèle similaire. Les réseaux de concessions savent s’aligner sur certains points pour conclure la vente.
- Empiler les promotions : utilisez les offres du moment (Journées Portes Ouvertes, salons…) pour exiger la gratuité des frais annexes. Mettez en avant votre rapidité de décision ou le paiement comptant pour négocier.
- Refuser les ventes forcées : tout service non sollicité (gravage, produit entretien imposé) doit pouvoir être supprimé. Demandez un bon de commande rectifié – même s’il faut insister.
- Jouer sur le volume : lors de l'achat de plusieurs véhicules (pour un couple, une famille, ou une flotte), la suppression quasi-totale des frais annexes peut se négocier facilement.
- L’approche courtoise : la fermeté n’interdit pas la politesse. Un « j’aimerais valider aujourd’hui mais ces frais freineraient mon choix, que pouvez-vous faire ? » convaincra souvent plus qu’un refus brut.
Techniques supplémentaires : influencez la négociation
- Négocier lors de la reprise de votre ancien véhicule : si la reprise proposée ne vous convient pas, demandez une compensation sous forme de suppression des frais liés au nouveau véhicule.
- Se montrer flexible sur la livraison : accepter une date de livraison groupée ou hors horaires d’affluence peut motiver d’avantage le vendeur à « gommer » certains frais.
- Faire jouer le parrainage ou le bouche-à-oreille : portez à la connaissance du vendeur que d’autres potentiels acheteurs pourraient suivre votre exemple si un effort est fait sur la facture.
Bien gérer l’administratif soi-même
Beaucoup d’acheteurs ignorent qu’il est tout à fait possible d’effectuer seul la demande de carte grise ou la pose des plaques (en achetant ces dernières en centre auto). Une démarche en ligne sur l’ANTS (Agence nationale des titres sécurisés) peut représenter une économie substantielle, très simple à réaliser avec un minimum de papiers fournis par le concessionnaire.
Prudence vis-à-vis des packages « indispensables »
Parfois, certains packs semblent inévitables sur le devis (protection carrosserie, extension de garantie surévaluée, tapis de sol majorés…).
- Pesez chaque option à l’aune de votre usage réel. Demandez systématiquement l’offre avec et sans ces éléments, ou faites supprimer les lignes qui ne vous intéressent pas franchement.
- N’oubliez pas que sur Internet et chez des accessoiristes indépendants, la plupart des options additionnelles (tapis, triangle, kit de sécurité) coûtent deux à trois fois moins cher qu’en concession.
Tirer parti des conditions de paiement
Les concessions offrent parfois des avantages sur les frais annexes selon le mode de paiement.
- Financement interne : Si vous passez par le financement du constructeur ou du réseau (crédit classique, LOA, LLD), ils peuvent souvent consentir la suppression des frais de mise à la route, voire offrir la première révision.
- Paiement comptant : Proposez un paiement intégral en échange d’un effort sur les frais annexes. La simplification du dossier est aussi un argument pour réduire ces coûts.
Connaître vos droits et les limites du vendeur
La législation française protège l’acheteur contre toute vente forcée ou frais abusifs. Un vendeur ne peut pas vous imposer un service non obligatoire. Si un point reste obscur, signalez-le et demandez le texte de référence (CGV, documentation constructeur). Si besoin, faites jouer la concurrence ou contactez une association de consommateurs pour obtenir un arbitrage.
Petits extras bien négociés : des bonus sans surcoût
Même lorsque les frais ne peuvent pas être supprimés en totalité, l’acheteur averti peut obtenir, à la marge, des « petits plus » qui font plaisir : bidon d’huile, jeux de tapis, jeu de plaques supplémentaires, ou accessoires offerts. Souhaitez toujours un petit geste, parfois sous forme de bons d’achat ou de remise sur de futurs entretiens.
En résumé : osez poser les bonnes questions
En somme, les frais annexes en concession ne doivent jamais être une fatalité ni une surprise. Anticipez, questionnez chaque ligne, refusez les options non essentielles et comparez avec la concurrence. Savoir dire « oui » au bon moment vous permettra de quitter le show-room au volant de votre nouvelle voiture… avec l’assurance d’avoir payé le juste coût. Chez carnetmariage.fr, notre conseil phare : prenez le temps, exigez la transparence et gardez l’esprit critique, même face à un vendeur convaincant — c’est aussi cela, un achat automobile sans bla-bla superflu.
Pour plus d’astuces pratiques, retrouvez nos dossiers dédiés à l’achat, la gestion du budget auto et les conseils de négociation sur www.carnetmariage.fr.